Monument de Pubnico, Nouvelle-Écosse
L’ACADIE DE CAP-SABLE
L’ancienne région de Cap-Sable s’étendait de Cheggogin jusqu’au Passage (Barrington Passage). Dès 1583, un marchand français fait des échanges avec des Mi’ kmaq. Vers 1620, Charles Saint-Étienne de Latour y érige un poste de traite permanent. En 1653, Philippe Mius d’Entremont fonde à Pobomcoup (Pubnico) un établissement stable voué surtout à la pêche.
La région de Cap-Sable a connu trois déportations. En 1756, les Acadiens du Passage sont déportés à Boston. En 1758, neuf familles de Cheggogin sont transportées à Halifax, et déportées à Le Havre en France. Les habitants de Chebogue, Abuptic, Pobomcoup et Tousquet avaient échappé aux soldats britanniques mais, en 1759, 152 d’entre eux furent capturés et transportés à Halifax, puis déportées à Cherbourg, en France.
En 1767, des familles acadiennes reviennent dans la région, mais leurs terres sont déjà habitées par des colons britanniques. Néanmoins elles s’établissent de chaque côté du havre de Pubnico, à Wedgeport, à Buttes Amirault et à Sainte-Anne du Ruisseau. D’autres familles arrivent par la suite après une odyssée d’une vingtaine d’années. La pêche, la construction navale, le cabotage et la navigation au long cours deviendront leurs principales activités économiques. Honneur et reconnaissance à nos ancêtres !
Source : texte inscrit sur le Monument.
Monument à Carleton-sur-mer, Québec
PRENDRE RACINE
La Baie-des-Chaleurs fait partie du territoire traditionnel des Mi’gmaq, connus comme étant le « peuple de la mer ». À Tlagatigatj (Tracadièche), un lieu de campement traditionnel, ils profitent des eaux poissonneuses de la baie et célèbrent des rituels sur la montagne.
En 1767, avec le soutien des Mi’gmaq, des familles acadiennes, menées par Charles Dugas, s’installent à Tracadièche, un territoire s’étendant de Cap-Noir à la pointe de Miguasha. Ces familles fondatrices sont les Alain, Boudreau, Comeau, Dugas et LeBlanc.
Ayant fui la Déportation de 1755 et celle de l’île Saint- Jean de 1758, ces familles ont transité par les camps de réfugiés de Miramichi, de Nipisiguit et de la Petite Rochelle dans l’estuaire de la Ristigouche. Établies d’abord à Bonaventure, elles ont demandé aux autorités britanniques l’autorisation de se fixer à Tracadièche.
Au fil des ans, d’autres familles s’implantent à Tracadièche, dont certaines qui avaient été déportées en Angleterre et en France. Au recensement de 1777, la communauté compte 183 hommes, femmes et enfants. Ils tirent leur subsistance de la mer, de la terre et de la forêt, un mode de vie perpétué par leurs descendants.
Même si le lieu est devenu Carleton en 1787, Tracadièche demeure bien vivant au sein de la mémoire collective.
Source : texte inscrit sur le Monument.