Autre drapeau très important au Nouveau-Brunswick
Le drapeau de l’Acadie, aussi appelé le drapeau acadien ou parfois le tricolore étoilé, est le drapeau national de l’Acadie. Il est composé de trois bandes verticales : bleue à gauche, blanche au centre et rouge à droite ; une étoile jaune est située en haut de la bande bleue. Il a été adopté lors de la Deuxième convention nationale acadienne, le 15 août 1884 à Miscouche, à l’Île-du-Prince-Édouard (Canada) et utilisé pour la première fois le lendemain. Cela en fait le plus vieil emblème d’un peuple francophone nord-américain.

Inspiré du drapeau français, il est à l’origine symboliquement associé à la mer et à la foi catholique mais l’interprétation moderne en fait aussi une personnification du peuple acadien. Le drapeau fut proposé par Marcel-François Richard comme compromis entre les différentes factions nationalistes, influencées par la France, le Québec et le clergé et divisées entre la modernité et la tradition d’une part, et, entre l’ouverture à la francophonie et l’identité acadienne, d’autre part.
Ce drapeau est le symbole national acadien le plus populaire, et est donc très fréquemment utilisé par les institutions acadiennes. On le rencontre dans certains endroits au Québec, au Nouveau-Brunswick, sur l’Île-du-Prince-Édouard et en Nouvelle-Écosse. Dès l’adoption du tricolore étoilé, des anglophones s’opposent à ce symbole, sous prétexte qu’il ressemble au drapeau français. C’est probablement la raison pourquoi il devient populaire moins rapidement chez les Acadiens du Nouveau-Brunswick que chez ceux de l’Île-du-Prince-Édouard et de la Nouvelle-Écosse.
Le nom donné à l’étoile est Stella Maris, ce qui signifie étoile de la mer en latin. Selon l’inscription au Registre public des armoiries, drapeaux et insignes du Canada, le drapeau de l’Acadie est « tiercé en pal d’azur, d’argent et de gueules, chargé au canton de l’étoile d’Acadie d’or ». Le drapeau acadien étant incontestablement inspiré du drapeau français, les couleurs doivent suivre celles utilisées sur ce dernier, tel que décidé en 1953 et confirmé en 1995. Le bleu est dit royal, le rouge vif et le jaune de l’étoile, papal ou parfois doré. Le choix d’une étoile est logique car c’est un symbole associée à Marie et lors de la première convention nationale acadienne de 1881, les délégués ont choisi une sainte-patronne, Notre-Dame-de-l’Assomption, et le jour de l’Assomption comme fête nationale acadienne. L’étoile est toutefois plus qu’un signe de dévotion à Marie, c’est un signe de ralliement. En fait, c’est Stella Maris qui est l’étendard, le tricolore pouvant être considéré comme un simple arrière-fond, une thèse soutenue par plusieurs auteurs dont Maurice A. Léger. F.-A. Bourgeois la compare à la « lumière mystérieuse » ayant guidé le « peuple de Dieu dans le désert » et à l’étoile de Bethléem. Déjà, en 1880, Philéas-Frédéric Bourgeois avait parlé qu’un jour l’étoile de l’Acadie « brillera », ce qui préfigure peut-être le tricolore étoilé selon Maurice A. Léger. Selon Antonine Maillet, l’étoile est synonyme de « bonne chance » dans les régions françaises d’origine des Acadiens.
À plusieurs endroits au Nouveau-Brunswick, majoritairement francophones, (notamment dans la Péninsule acadienne), le drapeau de l’Acadie est souvent utilisé seul (sans drapeau du Nouveau-Brunswick, sans drapeau du Canada) et mis en évidence, comme un message clair « Nous sommes des Acadiens » « Nous sommes des francophones du Nouveau-Brunswick ».
Et aussi longtemps qu’il y aura un drapeau acadien qui flottera au vent, on pourra dire qu’il y a de l’espoir pour la survie du français dans les provinces maritimes, pour la survie de la culture acadienne, pour la survie de l’histoire qui reste vivante dans le coeur des Acadiens qui se souviennent de leurs origines beaucoup plus que les Québécois qui ont oublié la leur et dont la devise est (ironiquement) « Je me souviens » (mais, en fait, les Québécois ne se souviennent plus de ce qu’ils devraient se souvenir. Ils ne savent plus à quoi cette devise sur les plaques de voiture fait référence).
Qui se souvient que l’Amérique du Nord britannique a commencé à s’unifier le 1er juillet 1867 par le biais de la Confédération ? Le Canada s’est alors constitué de quatre provinces: le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Ontario et le Québec. Ce sont les 4 provinces qui ont amorcé la création du Canada tel qu’on le connaît aujourd’hui. Les autres territoires ont suivi: le Manitoba (1870), les Territoires du Nord-Ouest (1870), la Colombie-Britannique (1871), l’Île-du-Prince-Édouard (1873), le Yukon (1898), l’Alberta (1905), la Saskatchewan (1905), Terre-Neuve-et-Labrador (1949), le Nunavut (1999).
Il ne faut pas oublier l’histoire, même si on sait que Jacques Cartier a découvert le Canada en 1534, il s’est passé beaucoup de choses (drames, réaménagement des territoires, guerres entre Français et Anglais, Traités intraitables, etc.) avant que le Canada se forme véritablement en une confédération dans laquelle chaque province a sa capitale, son parlement, ses lois, ses ministres, ses députés, sa population qui s’identifie beaucoup plus à sa régionalité, à sa particularité, à sa langue, à sa religion, à son identité culturelle, à son histoire propre qu’à son pays: le Canada.
On pourrait dire qu’un Acadien du Nouveau-Brunswick est forcément un Néo-Brunswickois et un Canadien, mais on ne pourrait pas dire qu’un Canadien Néo-Brunswickois est forcément un Acadien du Nouveau-Brunswick.
Antonine Maillet (1929- ) a bien illustré ce propos dans l’extrait « Le recensement » de « La Sagouine », une pièce de théâtre interprétée par Viola Léger (1930-2023). Antonine Maillet et Viola Léger sont deux grandes dames de l’Acadie. On peut entendre le roman d’Antonine Maillet, lu par Viola Léger, sur Radio-Canada en cliquant ici.
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