
Fredericton, aussi orthographié Frédéricton (prononcé en français : /fʁedeʁiktœn/, en anglais : /ˈfɹɛdɹɨktən/ ou parfois /fɹɛˈdɪktən/).
Un brin d’histoire
On sait tous que Fredericton est la capitale de la province du Nouveau-Brunswick. On sait aussi que la ville est située sur les deux rives du fleuve Saint-Jean et compte 58 270 habitants (en 2016). On les appelle les Frédérictonnais(es). La capitale fait une superficie de 131,67 km2 et se trouve à 454 km d’Halifax (par la route) et à 590 km de Québec (par la route).
Or, ce qu’on ne sait peut-être pas, c’est que la ville a été fondée par les Acadiens sous le nom de Sainte-Anne-des-Pays-Bas en 1732 (ou Pointe-Sainte-Anne). Les Britanniques l’ont incendié en 1759, durant la Déportation des Acadiens (expropriation massive et déportation du peuple francophone d’Amérique du Nord entre 1755 et 1763). Elle est devenue la capitale du Nouveau-Brunswick en 1785. L’altitude basse près du fleuve rend certaines parties de la ville vulnérables aux inondations. L’altitude s’élève assez rapidement, au nord et au sud et dépase les 100 mètres. La ville possède un territoire complexe de petits villages qui ont été annexés au territoire de la ville et une réserve amérindienne (Devon 30) qui possèdent trois enclaves sur la rive gauche de la ville (voir la carte ci-bas). Le climat est continental humide (hiver froid et été doux) avec une forte amplitude thermique (de presque 30 degrés). Le soleil brille environ 40 % du temps.
A l’origine, les Micmacs et les Malécites faisaient de l’agriculture (notamment le blé d’Inde – le maïs qui était leur principale culture). Eqpahak était le principal village des environs. Le premier contact avec les Européens a eu lieu au XVIIe siècle. Les Français ont donné une concession à Joshua J. Mahoney. En 1692, il a bâti le fort Nashwaak sur la rive nord, à l’embouchure de la rivière Nashwaak. Ce fort a été la capitale de l’Acadie durant un certain temps. A la mort de Mahoney en 1700 et suite à une inondation, le fort a été abandonné.
Les Acadiens ont fondé le premier établissement permanent en 1732. Ces derniers fuyaient l’Acadie (renommée Nouvelle-Écosse depuis sa conquête britannique en 1713). Les Britanniques ont pris possession du village et l’ont incendié à l’hiver 1758-1759. Les Acadiens se sont ensuite établis à French Village, Crocks Point et dans d’autres localités avant de s’établir au Madawaska (plus au nord).

Des Loyalistes se sont établis à Sainte-Anne-des-Pays-Bas en 1783, après la Révolution américaine, mais plusieurs sont morts pendant le premier hiver.
(Une parenthèse: Les Loyalistes était le nom donné aux colons vouant loyauté à la couronne britannique lors de La Révolution américaine de 1775 à 1783. La défaite des troupes britanniques à la bataille de Yorktown en octobre 1781, face aux troupes des généraux La Fayette, Rochambeau et Washington, a provoqué indirectement l’arrivée de nouveaux « colons » britanniques, face aux 90 000 francophones établis au Québec. Cela a bouleversé l’équilibre démographique, qui était favorable aux descendants des Français. Lors de la reconnaissance de l’indépendance des États-Unis (en 1783), la plupart des Loyalistes ont décidé de s’exiler dans la province de Québec et le reste de l’Amérique du Nord britannique par loyauté envers la Grande-Bretagne. Certains sont donc arrivés dans ce territoire et se sont établis à Sainte-Anne-des-Pays-Bas.)
Au printemps, plusieurs Loyalistes ont quitté le village pour s’établir plus loin en campagne. Le Nouveau-Brunswick est devenu une colonie indépendante de la Nouvelle-Écosse en 1784. Sainte-Anne-des-Pays-Bas a été choisie comme capitale provinciale l’année suivante, à cause des eaux navigables. La localité est officiellement devenue une ville en 1786. La ville fut rebaptisée Frederick’s Town (ville de Frederick) en l’honneur du deuxième fils du roi George III du Royaume-Uni, le Prince Frederick, Duc d’York. Le nom fut raccourci à Fredericton peu de temps après. La situation de Fredericton était idéale pour installer une garnison. Plusieurs bâtiments militaires sont toujours en place au centre-ville (et ouverts aux visiteurs). Le parlement a été construit en 1788 pour loger l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick et a été détruit par un incendie en 1880. L’édifice actuel a été inauguré deux ans plus tard et est situé en face de la Beaverbrook Art Gallery qui longe le fleuve Saint-Jean.

La population
Les autochtones représentent 1,4 % de la population et 6,7 % des habitants font partie d’une minorité visible. Les immigrants représentent 8,5 % de la population et 0,9 % des habitants sont des résidents permanents. 3,7 % des habitants ne sont pas citoyens canadiens et 80,7 % des habitants âgés de plus de 15 ans sont issus de familles établies au Canada depuis trois générations ou plus.
Langue maternelle
La langue maternelle est le français chez 6,7 % des habitants, l’anglais chez 86,3 % et les deux langues chez 0,5 % alors que 6,6 % sont allophones. Les deux langues officielles sont comprises par 22,6 % de la population, alors que 0,3 % des habitants sont unilingues francophones, que 76,8 % sont unilingues anglophones et que 0,3 % ne connaissent ni l’anglais ni le français.
Le français est parlé à la maison par 3,7 % des gens, l’anglais par 92,1 %, les deux langues officielles par 0,3 %, le français et une langue non officielle par moins de 0,1 %, l’anglais et une langue non officielle par 0,4 %, l’anglais le français et une langue non officielle par moins de 0,1 % et une langue non officielle seule par 3,5 %.
Le français est utilisé au travail par 2,2 % des employés et l’anglais par 96,0 % alors que 1,0 % des employés utilisent les deux langues officielles, que 0,0 % utilisent le français et une langue non officielle, que 0,3 % utilisent l’anglais et une langue non officielle et que 0,4 % utilisent une langue non officielle.
Une parenthèse sur le français
En théorie, selon la Loi sur les langues officielles, Fredericton est officiellement bilingue puisque c’est une obligation pour les cités, peu importe la proportion de francophones ou d’anglophones. Or, en pratique… c’est une toute autre histoire !
On s’est fait servir en français à l’hôtel – avant la pandémie – parce qu’un seul employé était acadien. Il venait de l’Île-du-Prince-Édouard. Après la pandémie, quand nous sommes revenus, l’unique employé qui parlait français avait disparu. On devait parler anglais.
Dans les restos, boutiques, banques, musées… tout se fait en anglais. Dans les discours au Musée (lors de vernissages), le directeur de la Beaverbrook Art Gallery commence son discours avec quelques mots de français (pour la forme 10 % du texte), mais tout le reste du discours est en anglais (90 % du texte). De plus, son français est tellement « pourri » qu’on se demande en quelle langue il croit parler. On a juste envie d’aller le voir après le discours pour lui taper sur l’épaule et lui dire: «Bien essayé ! Mais, s’il vous plaît, arrêtez d’essayer de parler français car vous êtes incompréhensible pour les francophones».
La religion
La cathédrale Christ Church est le siège du Diocèse anglican de Fredericton, qui correspond au territoire de la province. Les paroisses de la ville et des environs sont regroupées dans l’archidiaconé de Fredericton, qui compte deux doyennés, le doyenné de Fredericton et le doyenné de York. La prière est toujours récitée au conseil municipal.


Armoiries du Nouveau-Brunswick et drapeau de la province
Blason des armoiries: D’or à la galère antique avec ses rames voguant sur une mer au naturel au chef de gueules chargé d’un léopard d’or.
Symbolisme: La galère symbolise l’arrivée par bateau des Loyalistes de l’Empire-Uni ainsi que les activités de construction navale qui se déroulaient au Nouveau-Brunswick lorsque les armoiries ont été conférées en 1868. Le léopard d’or reprend celui des armoiries de l’Angleterre et de celles du duché allemand de Brunswick, dont la province tire son nom.

Devise: SPEM REDUXIT. Cette sentence latine signifie « L’espoir ravivé ».
Blason du drapeau: Une bannière aux armes.