
Edmundston (prononcé en français : /ɛdmɔndstœn/; en anglais : /ˈɛdməndstən/) est situé dans le Nord-Ouest du Nouveau-Brunswick. Elle est la deuxième plus grande ville canadienne à majorité francophone hors Québec, après Dieppe au Nouveau-Brunswick. Certaines grandes villes du pays ont des populations francophones plus importantes, comme Ottawa (122 665 francophones), Sudbury (45 420), Toronto (34 900), Winnipeg (26 855), Moncton (20 425), Windsor et Timmins (17 390), mais les francophones y sont en minorité. Le 1er janvier 2023, l’ancienne cité d’Edmundston, le village de Rivière-Verte ainsi que les DSL de Saint-Jacques et de Saint-Joseph sont fusionnés pour former la municipalité d’Edmundston.
La cité est nommée ainsi en l’honneur de Sir Edmund Walker Head (1805-1868), lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick de 1848 à 1854 et gouverneur général de la Province unie du Canada, de 1854 à 1861. Ce serait en 1851, à la suite d’une visite de Sir Edmund Walker Head, que le nom Edmundston fut donné à l’endroit, remplaçant le nom Petit-Sault qui avait auparavant été donné, en référence aux chutes situées à l’embouchure de la rivière Madawaska.
Edmundston est situé dans les Appalaches, au confluent du fleuve Saint-Jean et de la rivière Madawaska, au centre du Madawaska. Edmundston se trouve à 718 kilomètres de route d’Halifax, à 317 km d’où nous habitons (à Québec). La cité a une superficie de 107 kilomètres carrés.
L’État américain du Maine fait face à la ville au sud. C’est le fleuve Saint-Jean (le même qui passe à Fredericton et à Saint-Jean) qui fait frontière avec les États-Unis.
Edmundston est généralement considérée comme faisant partie de l’Acadie, quoique l’appartenance des Brayons à l’Acadie fasse l’objet d’un débat.

La géologie
Selon le ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick, le massif d’Edmundston repose sur des roches sédimentaires du Silurien-Dévonien. (…) La région a été soumise à la glaciation, mais les dépôts glaciaires sont généralement très minces (moins d’un mètre). On y trouve des blocs erratiques provenant du Québec et du Bouclier canadien. La région se situe à une altitude variant de 360 à 600 mètres à partir du niveau de la mer.
L’histoire
Les Malécites ont un village au confluent de la rivière Madawaska et du fleuve Saint-Jean, qui devient très important au XVIIIe siècle mais ne compte plus que deux wigwams en 1812. Il existe désormais la première nation de Madawaska, enclavée dans Edmundston. Le site d’Edmundston sert aussi de refuge aux Abénaquis en temps de crise. Les Malécites cultivent du blé d’Inde et de la citrouille à Madawaska.
Edmundston est fondé vers 1790 par des Acadiens fuyant Sainte-Anne-des-Pays-Bas, désormais Fredericton, devant l’arrivée des Loyalistes. Au cours du XIXe, quelques immigrants anglophones et bon nombre de Canadiens français en provenance du Québec viennent grossir la population de la ville.
Les Sœurs de la Charité fondent l’Académie de Madawaska à Saint-Basile en 1862. Les Religieuses hospitalières de Saint-Joseph ouvrent l’Hôtel-Dieu dans le même quartier en 1881. Après le départ des Sœurs de la Charité en 1873, les Hospitalières fondent un couvent en 1874.

L’industrie
La Compagnie Fraser ouvre une scierie en 1911 et une usine de pâte et papier en 1918. La syndicalisation tarde à s’implanter dans l’industrie et le premier syndicat est fondé en 1918 mais n’est reconnu qu’en 1938. L’industrie forestière est une partie importante de l’industrie locale. Malgré plusieurs séries de mises à pied dans les années 1990 et 2000, l’usine de pâte à papier de Fraser Papers constitue toujours un des principaux employeurs manufacturiers de la ville avec environ 400 employés.
La démographie et les langues
La cité comptait 16 032 habitants en 2011 et 16 580 en 2016.
Selon les statistiques de 2006: Les autochtones représentent 1,3 % de la population et 1,0 % des habitants font partie d’une minorité visible. Les immigrants représentent 2,5 % de la population et 0,4 % des habitants sont des résidents permanents. 1,4 % des habitants ne sont pas citoyens canadiens et 93,3 % des habitants âgés de plus de 15 ans sont issus de familles établies au Canada depuis trois générations ou plus.
Toujours selon les statistiques de 2006: La langue maternelle est le français chez 92 % des habitants, l’anglais chez 5 % et 1,3 % sont allophones. Les deux langues officielles sont comprises par 62,8 % de la population alors que 35,7 % des habitants sont unilingues francophones, que 1,3 % sont unilingues anglophones et que 0,2 % ne connaissent ni l’anglais ni le français. Le français est parlé à la maison par 94,7 % des gens, l’anglais par 4,0 %, les deux langues officielles par 0,5 %, le français et une langue non officielle par moins de 0,1 %, l’anglais et une langue non officielle par 0,0 % et une langue non officielle seule par 0,0 %. Le français est utilisé au travail par 90,2 % des employés et l’anglais par 5,2 % alors que 4,5 % des employés utilisent les deux langues officielles, que 0,0 % utilisent le français et une langue non officielle, que 0,0 % utilisent l’anglais et une langue non officielle, que 0,1 % utilisent uniquement une langue non officielle et que 0,1 % utilisent à la fois le français, l’anglais et une langue non officielle.
Selon la Loi sur les langues officielles, Edmundston est officiellement bilingue puisque c’est une obligation pour les cités, peu importe la proportion de francophones ou d’anglophones. En pratique, contrairement à Fredericton (également bilingue, soit disant), on nous a toujours parlé en français à Edmundston.
➡️ Lire l’histoire de Fredericton
➡️ Lire l’histoire de Saint-Jean