Vaut mieux en rire

MA VIE EN POÉSIE
Par Elijah

Ma vie en poésie

Vaut mieux en rire

Bientôt le retour au lycée,
Savannah n’avait pas envie d’y retourner.
Elle m’a parlé de celles qui lui rendent la vie difficile
Avoir son âge n’est pas facile.

Elle mise sur la surenchère de sa beauté apparente,
Pour clouer le bec à ces « pimbêches » irritantes.
Pendant deux jours, ce fut coiffure et esthétique,
Des cheveux aux ongles; métamorphose magique.

Damien lui offre tout le meilleur,
Pour qu’elle puisse s’épanouir de l’intérieur.
Je l’ai regardé se transformer,
De la Savannah naturelle à celle plus sophistiquée.

A sa demande, je l’ai accompagné ce matin,
Pour acheter je-ne-sais-quoi-de-féminin,
J’ai réalisé trop tard que je tenais le rôle de son petit ami,
Ayant repéré des lycéennes dans un coin bavant de jalousie.

Une fois sortis, je lui ai demandé de s’expliquer,
Elle m’a avoué la vérité, sans sourciller, sans rien nier.
J’ai été trop surpris par sa franchise pour lui en vouloir,
Je l’ai gentiment grondé car sa stratégie est à revoir !

Elle m’a bafouillé un timide pardon pour cette comédie.
Nous nous sommes sentis ridicules deux minutes et demie.
« Admets ! » ai-je soupiré « tu sais que je suis trop vieux » !
Penaude, elle a hoché la tête, elle ne fera plus ce jeu.

Le sujet revenu une fois de plus sur le tapis, je lui ai dit:
« Je compte sur toi pour leur dire que j’étais ton papi » !
Pour ne pas la blesser, j’ai préféré me faire conciliant,
Je l’ai remise sur le droit chemin tout en la ménageant.

« Il vaut mieux en rire que s’emporter »,
C’était la nouvelle devise de la journée.
On a tout de même dîné en tête à tête comme de bons copains,
On sentait la nostalgie des vacances tirant à leur fin.

« Tu veux que je te rende tes clés ? »
Son boulot d’été est maintenant terminé.
J’aurais pu me venger de sa comédie de ce matin,
Mais Savy, c’est mon amie, je n’ai donc pas fait le malin.

Après avoir réfléchi, je lui ai dis de les garder,
Mais de respecter ma vie privée.
« Tu m’aideras en anglais ? »
Je suis le seul « Amerloque » qu’elle connait.

On s’est promis d’être l’un pour l’autre des confidents
Et de nous aider comme des amis à tout moment.
Dans quelques jours, elle reprendra ses études,
Et moi, je me fabriquerai de nouvelles habitudes.

La présence quotidienne de Savannah me manquera,
Sa façon de me balancer la vérité à la figure me restera.
Elle n’a jamais eu peur de me secouer,
Même si, souvent, j’en ai eu le souffle coupé !

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