MA VIE EN POÉSIE
Par Elijah

Ma nouvelle devise
La tempête intérieure va et vient,
C’est toujours plus difficile le soir et le matin.
Pendant des heures, j’ai suivi Savy dans les boutiques,
Me demandant « mais, qu’est-ce que je fabrique ? »
« On croirait un vieux ramollo croisé avec une rombière »
J’ai appris de nouveaux mots… Je n’en suis pas très fier.
J’ai fais des efforts et j’ai souri,
On cherchait un machin rouge pour une lubie Feng Shui.
Grâce à ce truc japonais, elle me promettait la stabilité.
A priori, c’est une méthode ancestrale éprouvée.
Elle m’a parlé de joie intérieure et de plénitude,
J’ai admiré en silence ses certitudes.
J’ai trouvé un vase de la bonne couleur,
Elle l’a inspecté avec horreur.
Elle a rendu les armes et s’est découragée,
J’ai dû la poursuivre dans la rue pour la récupérer.
Je me suis surpris à l’encourager
A poursuivre sa quête de stabilité.
« Si tu y crois vraiment, Savy, alors il faut trouver »
Elle m’a regardé d’un air franchement sidéré.
Chez elle, Savy a pu sauver ma situation désespérée,
J’aurai donc son orchidée dans un pot rouge émaillé.
Ma nouvelle devise: « qui prend la déco tout trop à coeur,
Risque d’y laisser son bonheur ».
Pour aller avec le blanc et le rouge, il reste le gris et le noir.
C’est parfait ! J’en ai plein mes tiroirs !
Il a fallu poser un grand miroir à l’entrée
Pour le Chi reflété.
Elle a bien gagné son argent,
La jeune décoratrice d’appartement.
Je réalise que je lui en fais voir de toutes les couleurs
Et qu’il n’y a rien d’équilibré dans mon humeur.
Damien a appelé:
« Alors, qu’est-ce que j’ai loupé ? »
Je lui ai conseillé de profiter sereinement de ses vacances;
Avant de lui répondre que ça avance.
Gabriel et Catherine sont passés,
Pour voir comment j’allais et si j’étais mieux installé.
Je suis constamment entouré d’anges gardiens,
Qui font tout pour que je me sente bien.
En soirée, je me suis planté devant mon Chi reflété.
Je n’ai pas supporté de me voir, ne serait-ce qu’habillé !
J’ai préféré mon confortable canapé en cuir blanc,
Sur lequel affalé, j’ai ouvert un roman.
Je n’ai ni téléphone fixe, ni télé, ni lecteur de Blu-Ray,
Je ne pense d’ailleurs pas en acheter.
Je me laisse balader par le quotidien,
Ça ira peut-être mieux demain !
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