3I / Atlas – objet interstellaire bizarre

Qu’est-ce que la comète 3I/Atlas ? Et pourquoi a-t-elle alimenté les théories sur un « vaisseau-mère extraterrestre » ?

Un article du 4 décembre 2025 – BBC

Presque tous les scientifiques s’accordent à dire qu’il s’agit d’une comète. Pourtant, cela n’a pas empêché les spéculations sur une visite extraterrestre et la fin de l’humanité de se répandre. 3I/Atlas est seulement le troisième objet interstellaire – provenant de l’extérieur du système solaire – jamais observé dans notre ciel. D’où son nom commençant par « 3I ».

Contrairement à la plupart des comètes connues, qui orbitent autour du Soleil, la trajectoire et la vitesse de celle-ci suggèrent qu’elle provient d’une autre partie de notre galaxie et qu’elle effectue un passage unique avant de quitter notre voisinage au début de l’année prochaine.

Certaines de ses caractéristiques ont conduit un astrophysicien de Harvard, le professeur Avi Loeb, ainsi qu’une foule de médias et d’utilisateurs des réseaux sociaux, à envisager la possibilité qu’elle soit artificielle.

(…) Mais la NASA et l’immense majorité des astronomes insistent sur le fait que toutes les observations réalisées jusqu’à présent peuvent être expliquées par des phénomènes naturels, et non extraterrestres.

Ce que nous savons jusqu’à présent

3I/Atlas a été repéré pour la première fois en juillet 2025 par le télescope Atlas, financé par la NASA et situé au Chili. Depuis, il fascine les astronomes du monde entier. (…) Certains estiment sa taille à celle de Manhattan, à New York. Cependant, les mesures effectuées en août par le télescope spatial Hubble de la NASA suggèrent que son diamètre pourrait varier entre 440 m et 5,6 km. L’agence spatiale américaine précise qu’il filait à environ 61 km/s au moment de sa découverte.

D’où vient-il ?

Les astronomes pensent que 3I/Atlas s’est formée lors de la naissance d’un système stellaire lointain et voyage dans l’espace interstellaire depuis des milliards d’années. Il pourrait s’agir de la comète la plus ancienne connue, une étude estimant son âge à plus de 7 milliards d’années. Cela signifierait qu’elle est antérieure à notre propre système solaire, qui s’est formé il y a seulement 4,6 milliards d’années. « Cela signifie qu’elle nous renseigne sur ce qui se passait aux premiers temps de l’histoire de la galaxie », explique le professeur Lintott. La comète est arrivée vers nous en direction de la constellation du Sagittaire, où se situe le centre de notre galaxie, la Voie lactée.

Elle est passée derrière le Soleil en octobre, restant invisible depuis la Terre et alimentant les théories sur les raisons de cette « disparition ». Mais plusieurs sondes spatiales ont suivi la comète, et elle a déjà été de nouveau observée par des télescopes terrestres.

Réchauffement près du soleil

Au cours de sa progression vers le Soleil, la sonde 3I/Atlas a présenté une accélération non gravitationnelle, se déplaçant plus vite que ne le laisserait supposer la seule gravité. Le professeur Loeb a émis l’hypothèse qu’un « moteur-fusée technologique » pourrait la propulser, ce qui a alimenté de nombreux articles et mèmes sur Internet évoquant des vaisseaux-mères extraterrestres.

Mais de nombreux scientifiques spécialistes des comètes affirment que cette accélération s’inscrit dans le cadre du dégazage, explique le professeur Lintott. Ce phénomène se produit lorsque certains matériaux d’une comète qui se réchauffe passent de l’état de glace solide à l’état gazeux, projetant des jets de nuages ​​et de poussière qui agissent comme des propulseurs. De fait, 3I/Atlas semble avoir été extrêmement active. La poussière éjectée par une comète réfléchit normalement la lumière, ce qui la fait briller davantage à mesure qu’elle s’approche du Soleil. Or, 3I/Atlas a gagné en luminosité très rapidement. Certains suggèrent également que sa couleur est passée du rougeâtre au bleu, alimentant les théories sur une source d’énergie extraterrestre. Les astronomes tentent encore de comprendre précisément ce phénomène, mais ils estiment qu’il existe de nombreuses explications naturelles. Cette augmentation rapide de luminosité « pourrait indiquer la présence d’une grande quantité de glace fraîche », suggère le professeur Lintott. Même si ce changement de couleur était réel et non un simple artefact de mesure, il pourrait révéler une évolution de la composition chimique de la comète. (…)

Chimie mystérieuse

Comprendre la composition chimique de 3I/Atlas pourrait nous renseigner sur la nature du système stellaire lointain qui lui a donné naissance il y a des milliards d’années. Les télescopes ont jusqu’à présent détecté d’importantes quantités de dioxyde de carbone à la surface de la comète. Elle semble également riche en nickel, un élément métallique – une observation qui a relancé l’hypothèse d’un vaisseau-mère extraterrestre, car de nombreux composants de nos propres engins spatiaux contiennent du nickel. (…) Or, du nickel a été trouvé dans d’autres comètes, notamment la comète interstellaire 2I/Borisov découverte en 2019. Une abondance de nickel pourrait refléter le type d’environnement dans lequel 3I/Atlas s’est formée. Ou peut-être la comète a-t-elle été bombardée par les radiations spatiales lors de son long voyage interstellaire, ce qui aurait pu modifier sa chimie de surface, comme le suggèrent de récentes données du télescope spatial James Webb.

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