En me voyant Jean-Paul s’écrie – « Bernard qu’est ce qui t’arrive, tu as l’oreille en chou-fleur », on me cherche une chaise, maintenant la chaleur me fait du bien, c’est mieux que d’être sur le macadam.
Cette nuit d’émeute sera la plus violente des événements de Longwy et la plus dramatique. La Banque de France, la Société Générale, la BNP subissent des dégats considérables. Des bûchers sont improvisés en plein milieu des rues avec des cartons et des meubles. Le siège de l’association de soutien à Bernard Labbé (maitre de forges et maire de Gorcy) est mise à sac, ainsi que l’Office de Tourisme, la Trésorerie, le Centre des Impôts…. Une bouteille de gaz explose dans le secteur de la Gare Routière.
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Cette nuit d’émeute se soldera par 25 blessés dont 15 parmi les forces de l’ordre et deux parmi les journalistes (Michel Vuez de l’AFP et Michel Chapellier d’Europe 1) portant des brassards et « allumés » de plusieurs tirs tendus… Harcelées toute la nuit par des militants aguerris au combat de rue (Je comprends mieux l’ordre qui nous avait été donné « Personne ne bouge d’ici ») les forces de l’ordre ont délibérément choisi de faire un carton sur le groupe de journalistes. Dans le même temps, les vitrines de l’agence du « Républicain Lorrain » sont descendues à coup de barre-à-mine par des manifestants.
5 interpellations ont eu lieu, 4 jeunes dont 2 d’Usinor, un employé SNCF et un chômeur. Les 3 premiers sont syndiqués CGT, le chômeur est un sympathisant. Le dernier est un correspondant du « Quotidien du peuple ». Jugés le lendemain au Tribunal de Grande Instance de Briey, soutenus par plus de 600 personnes, ils furent tout simplement relaxés.
Le préfet justifiera le brouillage par un laconique: – « Il y a une loi et la loi est applicable à tout le monde ».
La fédération autonome des syndicats de police a quant à elle affirmé: « Son opposition à l’utilisation systématique des forces de police et de gendarmerie dans les conflits sociaux ».
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Bibliographie : LONGWY l’écorchée vive de Guy-Joseph FELLER.