Evénements de Longwy 1978-1979 (20)

Une prise de tête s’ensuit entre Robert Blaise et le petit Albert qui s’est réfugié derrière le service d’ordre, le premier reproche au second d’avoir guidé la police vers notre groupe.

Le cortège est parti, il y a une foule immense. Les ennuis vont se poursuivre tout au long de la progression de la manifestation, les fils de notre sono seront sectionnés à plusieurs reprises, nous protègerons des jeunes turbulents dont un fort amoché par le service d’ordre CGT, nous le mettrons à l’abri à l’intérieur de notre fourgon.

Le cortège avance, la foule acclame quelqu’un en approchant nous voyons que c’est Georges Marchais à une fenêtre d’un immeuble à droite ainsi qu’une dame blonde. Un terrassement d’abri-bus en construction offre la possibilité d’avoir de petites pierre, j’en ramasse quelques une pour les lancer vers le leader politique, elles ne montent pas haut ces petite pierre, nous montrons les poing c’est mieux.

Nous n’arriverons jamais place de l’Opéra, nous somme stoppés dans la rue juste avant, la voiture rouge est là, je ne l’avais pas vu jusque maintenant, le coffre s’ouvre, les deux caisses de cocktails-Molotov sont là (vous vous rappelez ceux que nous avons sorti du relai de télévision) , de jeunes autonomes voyant cela s’en emparent l’un d’entre en laisse tomber un à ses pieds, ça éclate et met le feu au pantalon du jeune, nous éteignons ça rapidement.

Le grenades lacrymo tombent de tous les côtés, nous sommes refoulés, par vagues successives nous reculons, il y a aussi des grenades déflagrantes. Charges de la police, recul de notre part, cela sans arrêt.

Une dame d’un certain age et trois jeunes filles sont assises sur le bord du trottoir pour casser la croute, je les préviens que la police est tout près et que ça matraque, elle me répondent « on s’en fout, on a faim », nouvelle vague j’avance, me retourne et vois ces pauvres femmes qui ne faisaient rien de mal se faire matraquer sans ménagement.

Nous arrivons sur le haut du boulevard de Strasbourg, devant le cinéma spécialisé dans les films d’horreur, trois voitures en stationnement attirent mon attention, elle sont poussiéreuses et semblent sorties tout droit  d’une casse automobile. Plus loin je me retourne et les voitures en question brulent, ce doit être une technique pour discréditer le mouvement social.

Boulevard Magenta, une dame avec sa poussette veut  traverser le boulevard de Strasbourg, mais les vagues successives l’en emperchent, je l’aide, elle prends le bébé dans ses bras, d’une main je pousse la poussette et elle se cramponne à mon autre bras, nous réussissons a atteindre la borne qui sépare les voies de circulation au milieu de la chaussée, puis à la fin d’une autre vague humaine nous arrivons à atteindre l’autre côté du boulevard.

Grilles de la gare de l’Est, sur les marches de la gare je vois un personnage qui attire mon attention, très très bien habillé, je m’adresse à lui :

– vous êtes un flic?

pas de réponse

moi : – Ils ont matraqué des femmes assises sur le rebord du trottoir….

Je me rends compte que je suis trois marches sous lui, il me domine.

Sa réponse : – allez prendre votre train.

J’ai l’habitude de prendre les grandes lignes à la gare de l’Est, mais cette fois notre train est sur la gauche avec les trains de banlieue.

Retrouvailles avec les amis, je suis mis au courant qu’un policier casseur a été pris la main dans le sac alors qu’il cassait une vitrine par le service d’ordre de la CGT, un longovicien a été arrêté avec un bijou dans sa poche… Nous dormons bien pendant le retour, Irène et les enfants bien contents de me voir revenir en entier.

Pages: 1 2