MA VIE EN POÉSIE
Par Elijah

L’Assomption
Le 14, les Kiefer sont partis, Savannah est restée;
Elle tenait trop à son boulot d’été.
C’est la première fois qu’ils partent sans elle,
On sent que la gamine veut voler de ses propres ailes.
Nous avons décapé une antique étagère
Récupérée de on-ne-sait-quelle-guerre.
Elle fera bibliothèque quand j’aurai des bouquins,
Ce qui arrivera certainement un jour prochain.
Discussion du coq à l’âne à bâtons rompus
Avec, parfois, des questions incongrues.
En repartant, elle m’a remercié
D’avoir répondu avec sincérité.
Elle a oublié notre cahier d’idées,
Je l’ai feuilleté et j’ai lu : « il ne pourra jamais les oublier »
Mon coeur a fait un double bond,
Elle avait décidément raison.
Ma lancinante douleur est revenue,
Des larmes sont apparues.
J’ai appellé ma mère,
Je suis tombé sur mon père.
Il m’a appris que Whitney
Faisait garder le bébé au New Jersey.
J’ai deviné que ce seront les grands-parents
Qui élèveront le pauvre enfant.
Sur le coup, je n’ai pas su quoi penser,
J’étais même incapable de parler.
Je leur ai souhaité une bonne fête de L’Assomption
Sans amorcer la moindre conversation.
Beaucoup plus tard, je me suis présenté chez Savannah
Je lui ai dit que je ne pouvais pas;
Je ne serai pas au familial dîner,
Je lui rapportais simplement le cahier.
Elle a hoché la tête et n’a rien dit,
A mon air zombifié, elle a sûrement compris,
Qu’effectivement, je ne pourrai jamais les oublier.
Il est préférable de ne plus l’écrire dans aucun cahier.
J’ai erré dans la ville un long moment,
Je me suis perdu en pensant à cet enfant
Qui aurait pu être mon fils bien-aimé,
Si j’avais fermé les yeux sur son infidélité.
Chez elle, il y a quelque chose qui a mal tourné
Et je ne sais pas quand ni où cela a débuté.
Elle était mon tendre amour,
Celle avec qui je devais vivre pour toujours.
Avec du temps, j’aurais sans doute pu lui pardonner,
Si je ne l’avais pas croisée avec ce nouveau type intéressé.
Je crois que le Seigneur m’en veut,
D’avoir rompu tous mes voeux.
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