Cet article peut choquer…
Pour faire suite à l’article « Les enfants de prêtres confirmés » publié par Yeiazel le 21 août 2009 et l’article « Côté jardin: 15 février 2009 (le moine amoureux) de la chronique « Jardin secret de HC », je diffuse aujourd’hui cet article qui parle d’un sujet qui nous touche tous… et plus particulièrement des gens de ce blog.
HC
Quand le célibat est critiqué par des prêtres…
Par Angela Charlton et Victor Simpson
Léon Laclau a vécu avec une femme pendant une vingtaine d’années tout en assurant ses fonctions de prêtre dans une ville des Pyrénées. Mais sa hiérarchie a fini par le décharger de ses fonctions… La question du célibat des prêtres est récurrente, mais l’Eglise campe sur ses positions, malgré la crise des vocations en Occident. Lire la suite l’article
Le père Laclau et Marga, originaire des Pays-Bas, ont d’abord essayé de « vivre en cachette », raconte l’ancien curé d’Asson (Pyrénées-Atlantiques), dans un entretien à l’Associated Press. Mais peu à peu leurs amis ont appris l’existence de leur idylle, et les confrères du prêtre ont réagi « avec un silence, non d’approbation mais de non-ingérence », explique-t-il.
La tolérance de l’Eglise a pris fin lorsque Marga s’est installée au presbytère d’Asson. Le supérieur du prêtre, le père Benat Oyhénart, a demandé au curé de « purifier » sa relation. En clair, de choisir entre sa vocation et son amour. Laclau a choisi Marga, et en 2007, il a été démis de ses fonctions de prêtre.
Son éviction a provoqué des protestations chez ses paroissiens. Mais elle a incité d’autres prêtres en France et leurs partenaires à parler ouvertement de leur amour longtemps caché et à demander l’abandon du dogme du célibat.
« Mon amour pour Marga ne m’empêchait pas d’avoir la foi », souligne le père Laclau. « J’ai vécu ma vie amoureuse avec Marga, et j’ai gardé ma passion pour l’Eglise. »
Son supérieur a reçu des lettres de fidèles en colère. L’une d’elle disait: « Si vous le remplacez, je garderais mes enfants chez nous de peur que son remplaçant soit pédophile. » Ce type de craintes est en augmentation depuis les nombreuses révélations d’abus sexuels commis sur des enfants par des prêtres aux Etats-Unis, en Irlande, en Australie, en Allemagne et ailleurs.
Le Vatican récuse tout lien entre le célibat des prêtres et ces scandales. Dans une tribune publiée dans « Le Monde » du 13 mars, le prêtre, thérapeute familial et psychologue Stéphane Joulain, affirme qu’il n’y a pas de « lien de causalité » entre célibat et pédophilie.
Le célibat est en tout cas considéré par certains comme une cause de la crise des vocations en Occident. Alors que le nombre de prêtres dans le monde (408.000) est en progression, la croissance la plus forte étant enregistrée en Asie et en Afrique, leurs effectifs poursuivent leur déclin en Europe, selon les chiffres du Vatican.
Aux Etats-Unis, leur nombre baisse également: il est passé de 58.909 en 1975 à 40.666 en 2009, selon le Centre pour les recherches appliquées dans l’apostolat à l’université de Georgetown. En France, ils sont désormais 24.000 contre 42.000 en 1975, tandis que le nombre de fidèles à chuté.
Une étude menée par l’évêque auxiliaire de Lyon a montré que plus de la moitié des 161 prêtres qui avaient quitté leurs fonctions entre 1996 et 2005, l’avaient fait pour vivre une relation amoureuse avec une femme ou un autre homme, selon le quotidien « La Croix ».
« L’Eglise en Occident est en train de perdre beaucoup de terrain, elle se recroqueville sur elle-même », juge Léon Laclau. Il estime que la fin du célibat n’est pas la seule solution, mais pourrait aider l’Eglise à devenir « plus humaine ».
« Je pensais que j’étais un des rares (prêtres) à avoir une vie amoureuse. Je me suis rendu compte après combien nous étions nombreux », explique-t-il. Des associations se sont formées en Europe réunissant d’autres personnes dans la même situation. En France, l’association Plein Jour rassemble quelque 150 femmes vivant avec des prêtres. Beaucoup ont eu des enfants avec leur compagnon.
Nombre d’entre elles observent la plus grande discrétion en public, et viennent chercher du réconfort en partageant leur histoire avec d’autres qui ont vécu les mêmes « souffrance, silence, sacrifice », explique la directrice de l’association Dominique Venturini.
Aujourd’hui âgée de 85 ans, Mme Venturini a elle-même vécu une histoire d’amour pendant 45 ans avec un prêtre basé en Provence. « Quand il a pris sa retraite, il est venu vivre avec moi. Mais malheureusement, il était trop tard pour avoir des enfants. »
Après son départ de l’Eglise, le père Laclau a épousé Marga. Il continue à assister à la messe, même s’il n’y va « pas régulièrement ». « J’ai toujours la foi », dit-il. « Mais il faut l’entretenir, c’est un peu comme l’amour. »
AP
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