Ô toi !

 

Vivre loin ou près de ceux que l’on aime,
C’est toujours un grand dilemme.
Être présent pour eux en cas de problème,
Surtout quand survient un évènement comme une maladie soudaine.

Laisser tout derrière soi pour courir à leur chevêt
Sans la moindre hésitation ni délai.
Ô toi, mon frère, je comprends ton amer regret,
Je sais à quel point tu les aimais.

Cette maladie appelée covid
A laissé derrière elle un grand vide,
Elle est semblable à un désert aride,
Qui pourrait tous nous attirer dans sa sphère morbide.

Pris au dépourvu,
Tu as réagi comme tu as pu.
Au coeur des imprévus,
Je comprends que tu aies été très ému.

Fidèle à ta discrétion,
Pendant un moment, tu as géré seul ce tourbillon.
Je sais que tu ne donnes pas dans la démonstration,
Mais nous sommes ta famille d’adoption !

Pour moi, tu es un frère avant tout,
Depuis longtemps, il n’y a plus de secret entre nous.
Tu as toujours été proche de nous,
Et ce que tu vis nous importe beaucoup.

Il n’y a pas de mots magiques,
Dans les instants tragiques.
Il n’y a que des sentiments empathiques,
Qui apportent un peu de soutien psychologique.

Tes drames personnels sont les miens,
Je les porte au coeur de mon quotidien.
Je ne peux changer ton chagrin,
Mais je peux te tendre la main.

Tu nous as tenu sous silence radio,
Ton mutisme nous a enlevé nos mots.
J’aurais voulu alléger ton fardeau,
Mais j’attendais le bon créneau.

Maintenant que tu as levé le silence,
Et que tu parles de ton expérience.
Puis-je te proposer ma présence,
Même si tu souhaites garder tes distances ?

Ô toi, mon frère,
Qui, dans ta vie, a tant souffert.
Ne t’éloigne pas de sa Lumière,
N’oublie jamais que tu resteras son Vicaire.

Tu te préoccupes des autres, même en temps de douleur,
De nous deux, tu restes le meilleur.
De ce que tu as vécu, on ne peut qu’imaginer l’ampleur,
Mais ne penses-tu pas que tu mérites enfin le bonheur ?