Le Tao et la sexualité – partie 3

18 ans et + / peut contenir de l’érotisme

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Lorsque la sexualité est naturellement considérée, ce qui était le cas en Chine, comme un moyen d’épanouissement personnel, elle entre tout aussi naturellement dans le cadre des « pratiques de santé » qualifiées d’ « Art d’entretien de la vie » (Yangsheng) susceptibles de prolonger l’existence.

De tous temps, sauf aux périodes répressives, les médecins chinois, chargés de la santé de leurs patients, se sont donc attachés à formuler de judicieux conseils sur ce fameux « Art de la chambre à coucher ». Ils furent également relayés par ceux qui pensaient, avaient-ils réellement tort, que cette même sexualité permettait de prolonger l’existence et était l’une des portes vers l’immortalité. Les Taoïstes, en particulier, mirent au point de multiples méthodes destinées à conserver, entretenir, favoriser, accroître le « principe vital » lors de relations sexuelles liées à l’alchimie interne (Nei Dan). Dans cette optique l’homme et la femme possédaient leurs propres méthodes ainsi qu’un important éventail technique dont on a malheureusement conservé la vision restrictive et limitée de rétention du sperme et de l’éjaculation.

Dans ces « Jeux des Nuages et de la Pluie » l’adepte tentait, par le moyen sexuel, de reproduire avec un, ou une, partenaire les phénomènes macrocosmiques de la création et de la mutation. Une particularité essentielle de ces pratiques est qu’elles ne concernaient pas, uniquement les hommes qui auraient, alors, considéré leur(s) partenaires féminines comme de simples moyens d’aboutir à leurs fins. Les textes concernant la sexualité féminine dans cette recherche de l’accomplissement, s’ils sont nombreux, n’ont malheureusement pas suscité, jusqu’à une époque très récente, le même intérêt pour les sinologues que ceux concernant la sexualité masculine. Une fois encore lorsqu’il s’agissait de pratiques concernant l’homme, on les qualifiait de pratiques taoïstes de longue vie tandis que celles destinées aux femmes se retrouvaient le plus souvent classées dans les curiosités plus ou moins pornographiques.

La plupart des « manuels de sexe » qui nous sont parvenus datent donc de la dynastie Sui (581-618) et continuent à être considérés comme des classiques…  « Classique des Méthodes secrètes de la Fille de Candeur  » (Sou Nu Pi Tao Jing), « Recettes de la Fille de candeur » (Sou Nu Fang ), « Prescriptions secrètes pour la chambre à coucher » (Yu Fang Pi Jiua), « Principes pour nourrir la vie » (Yang Sheng Yao Ki)… De cette période datent les définitions poétiques des fameuses postures.

Le Maître Tong Xuan en définit une trentaine :

« Union étroite », « Dévidage de la soie », « le Dragon qui s’enroule », « le poisson aux quatre yeux », « le couple d’hirondelles », « l’Union du martin pécheur », « les canards mandarins », « les papillons voltigeants », « les canards renversés », « le pin aux branches basses », « les bambous près de l’autel », « la danse des deux phénix », « le phénix et son poussin », « le vol des mouettes », « la gambade des chevaux sauvages », « le coursier au galop », « le cheval qui piaffe », « le tigre blanc qui bondit »,  » la cigale collée à l’arbre », « chat et souris dans le même trou ».

permettant de définir un répertoire fort complet de ce qu’il est possible de faire, ou de ne pas faire, dans le domaine de la sexualité.

Par la suite, un chapitre de sexologie (Fang Zhong Che Fa) (Traité de la Chambre à coucher) complétera l’immense majorité des encyclopédies médicales. Dans ces encyclopédies médico-philosophiques, l’acte sexuel, au niveau du microcosme humain représente l’union du Ciel (Yang) et de la Terre (Yin) au travers de la montée des nuages (Yun) et de la descente de la pluie (Yu). Cette union cosmique ou sexuelle représente donc l’unité dans l’harmonie des contraires.