Le Tao et la sexualité – partie 2

18 ans et + / peut contenir de l’érotisme

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Si on considère la Chine impériale d’avant la conquête mandchoue et à plus forte raison la Chine antique on se rend rapidement compte que la sexualité faisait partie intégrante de la société, de la littérature, de l’art pictural, de la médecine et même, dans une certaine mesure, de la philosophie classique puisqu’elle entrait, pour une bonne part, dans les pratiques taoïstes liées à l’art de la longue vie et à la recherche de l’immortalité.

Pour les lettrés chinois du temps jadis, la sexualité, était simplement perçue comme l’une des activités humaines essentielles permettant le plein épanouissement de l’individu dans la société.

Si les Bouddhistes pouvaient émettre quelques restrictions à cette conception très naturiste de la vie, Taoïstes et Confucianistes étaient par contre, et pour une fois, en accord avec ce principe. Les Confucianistes considéraient, en effet, que l’harmonie familiale, donc du couple, était à la base de l’harmonie de l’empire.

De plus la procréation d’une descendance permettant d’entretenir, au travers des multiples générations, le culte des ancêtres. La sexualité ne pouvait que trouver une place importante dans la hiérarchie des valeurs privées sinon publiques. Le bon équilibre physique, énergétique, psychique et magique de l’empereur lui-même était lié à l’accomplissement de sa sexualité. Certains des plus grands empereurs entretenaient à cet effet plus de huit cent concubines et une immense partie des palais leur était réservée.

Cela n’allait pas sans poser quelques problèmes dans le rituel du choix d’une de ces fameuses concubines ce qui entretenait, par ailleurs, de multiples intrigues de cour amplement favorisées par les eunuques. L’empereur se devait, également, de remplir ses devoirs avec la prestance liée à sa fonction et disposait donc de multiples conseillers, de multiples ouvrages, de multiples pratiques et de multiples potions pour conserver son rang de « Fils du Ciel » ou de « Dragon Jaune ». Etant censé donner l’exemple jusqu’en bas de la pyramide immense que constituait depuis toujours le peuple chinois, ce système se reproduisait, à moindre échelle dans toutes les hiérarchies sociales. Un « homme d’une seule épouse » était alors considéré comme un indigent ou un marginal.

De leur coté, en réaction à ce système, les femmes chinoises furent probablement les premières à constituer des sociétés, presque des syndicats, dans lesquelles elles revendiquaient le droit d’user de leur corps en dehors d’un harem. Ces sociétés de femmes, souvent très puissantes, bien que fonctionnant sous le mode des sociétés secrètes, possédaient un statut presque officiel.

Par conséquence logique l’homosexualité féminine des « sœurs-amies » ainsi que la contraception médicale étaient considérées comme un simple fait social. Parallèlement, la brèche ayant été largement ouverte par ces sociétés, l’homosexualité masculine ne suscitait que très peu d’opprobre jusque dans les milieux religieux où elle avait justement tendance à se développer et à alimenter de multiples commentaires plus ou moins compatissants. La société chinoise traditionnelle demeurait donc très libérale en ce qui est de la sexualité sous ses aspects les plus divers à l’exception d’un interdit majeur considéré comme un « crime inhumain » sanctionné par la peine de mort : l’inceste.