Le Belvédère

 

Photo : Bernard Flamion, meilleur ouvrier de France.  (cette photo m’a été offerte par Bernard voici quelques années)

 

Belvédère ô Belvédère

Posé aux bords amers

Des gorges de la Chiers

Il était des nuits de fleurs rouges

Dont les pétales arrachés

Griffaient le ciel sur fond de fumées.

Il était des nuits de fleurs rouges

De fleurs jaunes, bleues, vertes et mauves

Jétées aux nues de couleur fauve

Te souviens-tu des terres rouges?

Belvédère ô Belvédère

L’humain forgeait de ses mains

Le fer devenait pain.

Orange sur Herserange

Bleu de suie sur Longwy

Rouge, ocre, orange aussi.

C’était beau, c’était étrange

Les flammes léchaient le ciel

La coulée pareille au miel

Virait du jaune au caramel

Impression de puissance

Dominer la matière

Ce vieux rêve d’hier

Etait à sa naissance !

Dieux et Diables alliés

N’auraient pu empêcher

L’alchimie de se réaliser.

Quel vent venu d’ailleurs

Nous joue ce vilain tour

Nos cornues tour à tour

S’éteignent et meurent.

Belvédère ô Belvédère

A tes pieds y’avait l’enfer

Et ses foyers plein de feu

Nourrissaient nos vieux

Bon Dieu…, y avait le diable !

Y’avait le Bon Dieu, que diable !

Y’a plus d’foyers, ni d’feux

Y’a plus d’diable Bon Dieu

Y’a plus d’foyer ni d’feux

Y’a plus rien à voir

Qu’un grand trou… noir.

Michel Alberemer