Par Elijah
Une nuit
C’était dans l’un de ses hôtels particuliers,
Où l’on héberge certaines pourpres et écarlates personnalités.
Dans le confort et le luxe des princes, nous étions tous logés,
Dans des appartements royaux entre initiés.
De l’extérieur, personne ne pouvait se douter,
Car c’est toujours l’illusion du calme plat, derrière les tentures dorées.
Cette nuit-là, à plusieurs ils sont arrivés.
Ils étaient trop nombreux pour que je puisse gagner.
La nuit précédente, jusqu’à l’épuisement physique, j’avais lutté.
Mes bourreaux aimaient particulièrement les jeux de pouvoir sur leur victime terrifiée.
Plus leur victime était rabaissée et tenue dans la vulnérabilité,
Plus ils étaient violents avec elle et en étaient excités.
La victoire était apparemment plus savoureuse s’ils l’obtenaient par la cruauté.
Alors, trop fatigué pour jouter une autre nuit, je me suis résigné.
De toute manière, avec ou sans lutte, le sort qu’ils me réservaient était déjà scellé.
J’ai rendu les armes, on m’avait depuis longtemps brisé.
En serrant les dents de rage, j’ai tout de même tenté de me dégager,
Mais, craignant des coups désespérés et bien balancés,
Ils m’ont lié les poignets pour se protéger.
L’un d’entre eux a dit en rigolant qu’il souhaitait s’amuser !
Tous de connivence, tous complices, dans cette chambre, ils m’ont supplicié,
Jusqu’à ce que je m’évanouisse sous les coups répétés.
Lorsque je suis revenu à moi, j’étais seul, comme un chien abandonné.
J’étais nu, j’avais froid, parcouru par la souffrance de ma chair lacérée.
A l’hôpital, on n’a pas voulu me croire et j’ai passé à deux doigts d’être enfermé.
Ils croyaient tous que c’était un acte de mutilation délibérée !
C’est ce qui m’a finalement fait quitter la vaticane cité.
J’ai fui le continent en espérant un autre ciel moins tourmenté,
Loin des jeux pervers de ces inqualifiables personnalités.
Je pensais y avoir trouvé un nouveau foyer,
Jusqu’à ce qu’on me fasse un autre coup fourré !
Bien que ce soit une nuit que je ne pourrai jamais oublier,
J’ai décidé d’en parler, aujourd’hui, pour m’aider à cicatriser.
Elijah