Un jour assis devant la télé, j’ai eu une crise, je n’arrivais plus ni à expirer, ni à inspirer, blocage surement du au stress. Cela a recommencé les jours suivants, j’ai fait peur à mes enfants, à mon épouse. Trop stressé, il fallait faire quelque chose.
La CFDT cherchait les titres dans les journaux, la radio, les télés. Il fallait attirer l’attention sur LONGWY, pour ne pas être oublié. Les opérations « coup de poing » spectaculaires ont commencées.
J’ai décidé d’aller rejoindre le petit groupe qui gravitait autour de et avec la CFDT.
Il y a eu violence, oui, j’y ai participé.
Une opération « coup de poing » était préparée par un petit groupe, très petit. La presse nationale et internationale était convoquée. Le groupe un peu élargi avait préparé ce qu’il fallait. Et au rendez-vous nous allions savoir quel était l’objectif du jour.
Ce matin du 1er mai 1979 à 5 heures du matin, tout le monde est là.
OBJECTIF : empêcher la relève des CRS au commissariat de Longwy.
Un camion plein de matériel est caché sous le pont à l’entrée de Longwy direction Metz. Je suis chargé d’aller au devant des CRS pour vérifier qu’ils arrivent bien par cette route. De toute façon toutes les entrées de Longwy seront bloquées. Je les croise à une quinzaine de kilomètres, plusieurs petits véhicules et 3 cars. Je suis… ému. Je tourne plus loin, la route est étroite, je dois dépasser tous leurs véhicules les uns après les autres. A hauteur de Mexy je vois une voiture banalisé cachée à droite, puis une autre à gauche, les policiers ne m’ont pas reconnu. L’effet de surprise sera là. Je donne l’alerte et m’empresse d’aller mettre mon véhicule à l’abri, parce que une grenade déflagrante qui explose sous une voiture met le feu à cette voiture dans bien des cas.
Voilà le convoi, le signal est donné. Le camion sort de sous le pont, barre la route, le chargement jeté sur la chaussée. En face le convoi s’est arrêté, les gradés descendent de leurs véhicules, nous sommes face à face, il est 6 heures. Un des Robert au porte voix :
« Pour le premier mai, nous voulons que Longwy ne soit pas occupée par les forces de l’ordre venues de l’extérieur ».
En face des ordres sont donnés, le dernier car manoeuvre, les autres aussi, ils font demi tour.
Les forces de l’ordre sont quand même rentrée à Longwy, ils sont passés par des chemins interdits aux poids lourd.
Pour la suite voici l’article de LIBERATION du 2 mai :
BOULONS
Pendant plusieurs heures autour du commissariat
Affrontements sidérurgistes-CRS à Longwy
Tout a commencé mardi matin, à l’heure où, comme chaque jour a lieu la relève des CRS postés à Longwy. Une centaine de militants sidérurgistes CFDT décidèrent de s’opposer à l’arrivée de trois cars de CRS venant de Thionville pour remplacer leurs collègues. Mais la manoeuvre échoua.
Les militants CFDT changèrent alors de tactique. Munis de vieux pneus, d’essence, de cocktails molotov, ils entamèrent le siège du commissariat de Longwy où s’étaient réfugiée la centaine de CRS. Le face à face allait durer plus de trois heures
Un responsable du commissariat, joint par téléphone, en début de matinée, ne semblait pas inquiet:
« Nous sommes à l’écoute en permanence de la radio de la CGT, « Coeur d’acier ». Le speaker vient de demander aux sidérurgistes et en particulier aux militants de la CGT de ne pas rejoindre les militants CFDT. La situation n’est donc pas dramatique ».
En effet, les assaillants n’allaient guère recevoir de renforts durant la matinée. Vers midi, les CRS, après avoir enfilé leur tenue anti-émeute s’élancèrent dehors et dégagèrent les rues adjacentes. Les forces de l’ordre réussirent enfin à s’emparer d’un engin de transport de minerai qui avait été lancé sans conducteur contre le commissariat.
Mais les choses ne devaient pas en rester là. Dans l’après midi deux à trois cents manifestants continuaient à harceler la centaine de CRS dans les rues adjacentes au commissariat de police. Profitant de la déclivité du terrain les manifestants faisaient rouler sur les forces de l’ordre des pneus enflammés et des fûts de bière vides, et lançaient des boulons et des pavés. Les forces de l’ordre répliquaient par des charges brèves et des tirs de grenades lacrymogènes. Non loin de là, quelques milliers d’adhérents de la CGT et de la FEN participaient au même moment à un meeting pour fêter le 1er mai.
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Cette attaque du commissariat était la 3ème et dernière et aussi la plus calme.
Toutes les opérations « coup de point « n’ont pas été violentes.
(a suivre)……si vous voulez bien!