
Après l’évacuation par les forces de police de Longwy de monsieur Rigo directeur et de ses adjoints du château de la Chiers ou ils étaient retenus, l’intersyndicale à sillonné les rues de l’agglomération pour en informer la population. Bientôt 5.000 personnes se sont retrouvées devant le château et ont constaté les dégâts. Il n’y avait pas que les ouvriers de la Chiers, mais du personnel de toutes les usines du bassin. Un cortège s’est formé derrière une banderole unitaire « CGT-CFDT-CGC-FO » puis direction vers la place de Longwy-bas où une tribune avec micro avait été installée sur le parvis de l’hôtel de ville. Pendant ce défilé beaucoup d’invectives à l’endroit des forces de police. Les différents représentants syndicaux prennent la parole. Pendant ce temps une information circule dans la foule, une quarantaine de cars de CRS se tiennent autour de Longwy. La colère gronde, quelques voix s’élèvent dans la foule « au commissariat », les syndicaux ne sont pas pour et font appel au calme et a rester dans la légalité. Rien n’y fait, quelques centaines de manifestants remontent déjà la rue Pershing en direction du commissariat de police avec l’intention d’en découdre avec les forces de l’ordre.
Les syndicats sont débordés. Je discute à l’intérieur de l’hôtel de ville notamment avec ma copine Thérèse Velchen (disparue récemment) déléguée CGT qui condamne le dérapage en cours. Moi je suis pour que la base ouvrière prenne les choses en mains. Oui les syndicats sont bien débordés. Dans un premier temps seule la CFDT « LONGWY », je dis bien Longwy, parce que pendant tous les événements de Longwy, les instances syndicales de Paris vont descendre régulièrement pour remonter les bretelles des délégués de Longwy et prendre différentes mesures qui aboutiront indirectement à une catastrophe, enfin moi je l’appelle comme cela. Je reviens dont à la CFDT LONGWY que l’on appellera bien souvent « Le groupe SOS emploi » qui suivra la base et l’aidera a monter des opérations (répréhensibles). Du fait que je discutais et donnais mon point de vue qui est le suivant : ça ne sert à rien de défiler derrière des banderoles le petit doigt sur la couture, ça n’avance à rien et je n’ai pas confiance aux syndicats. Je me suis fait ce jour là quelques ennemis qui m’en veulent encore aujourd’hui.
Pendant ce temps pierres et boulons brisent de nombreuses vitres du commissariat, la police réagit par l’envoi de grenades lacrymogènes en grand nombre. L’action se poursuit plus violente, les voitures restées hors de l’enceinte du commissariat sont cabossées, vitres brisées puis retournée le long du mur.
Pendant ce temps je suis toujours en discutions et je n’ai donc pas participé à cette première attaque du commissariat qui sera la première d’une série de 3 sur la période 1978-1979.
Les trois photos sont de mon ami Yvon Chiarini.

