Lire le conte Évangéline
Évangéline (en anglais : Evangeline, A Tale of Acadie) est un poème épique de Henry W. Longfellow écrit en anglais et qui raconte la déportation des Acadiens. Publié à l’origine en 1847, le poème connaît un grand succès aux États-Unis, favorisant l’affirmation identitaire des communautés américaines, canadiennes-françaises et cadiennes, contribuant surtout à la création du mythe fondateur de l’identité acadienne des Provinces maritimes du Canada.
Deux amants acadiens, Évangéline Bellefontaine et Gabriel Lajeunesse, sont forcés de se séparer pendant le Grand dérangement acadien (Déportation des Acadiens de 1755). L’héroïne parcourt alors l’Amérique à la recherche de son amant, pour finalement s’établir à Philadelphie où elle travaille parmi les pauvres, en tant que sœur de la Miséricorde. Parmi les malades, elle retrouve Gabriel qui meurt dans ses bras. Le voyage d’Évangéline, dans ce qui deviendra les États-Unis d’Amérique, a lieu principalement pendant la Révolution américaine (1775-1783), commençant au moment des guerres franco-britanniques (ce que les historiens américains nomment French and Indian War, 1754-1763) pour se terminer à Philadelphie immédiatement après la Révolution américaine.
Après un succès énorme aux États-Unis, le poème atteint l’imaginaire des Canadiens français par une traduction libre de Pamphile Le May, en 1865. Évangéline s’inscrit alors dans le mythe canadien-français comme la première œuvre littéraire à parler de la déportation des Acadiens. Rameau de Saint-Père, qui crée le premier travail historique en Acadie des Maritimes, s’est inspiré de la traduction de Le May pour structurer ses recherches. Ces textes viennent raviver la mémoire de la Déportation largement oubliée chez les communautés acadiennes, contribuant fortement à l’essor de la Renaissance acadienne.
En 1971, Michel Conte s’en est inspiré pour écrire la chanson Évangéline. La chanson a été créée par Isabelle Pierre et a été reprise notamment par Marie-Jo Thério, Natasha St-Pier et Annie Blanchard, qui a remporté avec cette pièce la chanson populaire de l’année au gala de l’ADISQ en 2006. Robbie Robertson a écrit la chanson Evangeline qui sera chantée lors du dernier concert de son groupe The Band, The Last Waltz. Le mythe d’Évangeline a aussi inspiré la chanson Évangeline, Acadian Queen, d’Angèle Arsenault.