Quand on pense aux animaux dans les rues, on pense aux chats, aux écureuils qui traversent la rue… et même aux chiens que les gens promènent sur le trottoir. On pense aux moufettes qui sortent le soir, aux ratons-laveurs qui font les poubelles le soir et la nuit, aux marmottes (qui annoncent toujours un printemps tardif). On ne pense pas forcément aux autres animaux, ceux qui sortent de la forêt et qui se perdent dans nos quartiers. Pendant la pandémie, alors que l’activité humaine était à l’arrêt, on a vu surgir des animaux sauvages dans les rues. Ils se sont réappropriés leur ancien territoire. C’était presque anodin d’entendre que des chevreuils se promenaient dans les rues et même des orignaux. Ici, au Québec, on peut voir de tout, mais c’est toujours surprenant !

Un lynx roux a été vu en janvier 2024 dans un quartier résidentiel de Magog en Estrie.
En mars 2023, un lynx s’est promené à Trois-Rivières.

Depuis plusieurs années, Montréal voit sa faune se diversifier. Entre dindons (ou dindes sauvages) et coyotes, on trouve de tout à Montréal ! Peut-être que les fameux nids de poule de Montréal ont fini par séduire les dindes ! Les dindes (ou dindons sauvages) se retrouvent partout. L’animal n’est pas dangereux pour l’être humain et il est même assez inoffensif, mais peut réagir agressivement en situation d’autodéfense. Par contre, il pourrait être porteur de la grippe aviaire. Dans un article de 2021, j’ai appris que le dindon sauvage s’est incrusté au Québec depuis au moins 2008 et qu’au fil de l’adoucissement des hivers, il monte toujours un peu plus au nord.


En 2023, la Ville de Montréal a lancé une opération visant à capturer et à euthanasier des coyotes dont le comportement était devenu problématique dans le secteur de Pointe-aux-Trembles, dans l’est de l’île. Les attaques contre des animaux de compagnie, et même des humains, s’étant multipliées, la Ville estime qu’elle n’avait pas le choix d’agir.

Boucherville et Longueuil font face à une surpopulation de chevreuils. Le parc des Îles-de-Boucherville a un problème de surabondance de cerfs de Virginie depuis plusieurs années. Selon les derniers inventaires aériens disponibles datant de 2021, le cheptel comptait 300 bêtes ce qui est nettement supérieur à la capacité du parc national. Plusieurs articles en parlent, notamment parce que la Ville de Longueuil voulait abattre au moins 70 chevreuils pour protéger le parc Michel-Chartrand, mais des opposants ont porté la cause devant les tribunaux. En 2022, la cour a tranché. Après avoir entendu l’appel de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) et de Sauvetage Animal Rescue, qui ont contesté la décision de la Cour supérieure d’autoriser l’abattage à partir de l’automne 2022, la Cour d’appel ordonne donc la tenue d’un nouveau débat de fond sur la survie des cervidés à Longueuil. Même Brigitte Bardot s’en est mêlée. Malgré cela, la saga des cerfs de Longueuil se poursuit. L’abattage des cerfs de Longueuil commencera à l’automne 2024.

Tout récemment, en avril 2024, un caribou montagnard a été vu à Cap-Chat. En 2019, un caribou avait été observé à la fin mars dans les environs de Mont-Joli.

En 2020, Laurent avait vu traverser un loup sur l’autoroute, devant la voiture, donc il y en a. On ne les voit pas forcément, mais il y en a. Les policiers sont toujours là pour orienter les bêtes sauvages vers des endroits plus appropriés pour eux, notamment les orignaux, car un orignal en ville, c’est plutôt dangereux pour les automobilistes. Il arrive parfois qu’ils sortent des boisés et des forêts pour suivre un chemin et débouchent dans une zone urbaine. Les agents de la faune les replacent dans des territoires plus vastes (comme la Réserve faunique des Laurentides) quand c’est possible. En juin 2022, on a eu un jeune orignal dans nos rues à Québec. Et, en 2020, il y avait eu un autre cas d’un jeune orignal dans les rues de Québec, en plein centre-ville.


Dans certaines zones près des boisés et des forêts, il y a des ours noirs. On croit toujours qu’ils sont bien à l’abri dans les forêts (lointaines), mais on se trompe. Ils sont plus près qu’on pourrait l’imaginer.

En mars 2023, un ours polaire (descendu du Grand Nord) s’est promené à Grand-Sablon, ce qui est tout-à-fait exceptionnel. En avril 2022, un ours polaire avait été aperçu dans le village de Madeleine-Centre en Haute-Gaspésie.

Le changement climatique nous amène des visiteurs inattendus. Certains remontent du Sud, d’autres descendent du Nord… et, d’autres encore, restent sur place alors qu’ils migraient l’hiver. C’est le cas des Bernaches du Canada qui sont (habituellement) des oies migratrices. Elles restent de plus en plus sur le territoire, alors qu’elles allaient dans le Sud en hiver. Avant, au Québec, on n’en voyait pas tant. Elles pouvaient parcourir 2 400 km en 24 heures. Maintenant, il n’est pas rare de les voir se dandiner autour des complexes à bureaux, sur des terrains de golf, des pelouses et dans d’autres espaces verts. La Bernache du Canada était jusqu’alors un emblème majestueux de la nature et des grandes migrations saisonnières. Or, depuis quelques décennies, la Bernache du Canada cause des soucis. Cet oiseau migrateur est devenu sédentaire.


Pour certains, la question qui se pose est « devrait-on les manger ? » Dans le sud du Québec, leur nombre a augmenté de façon exponentielle au fil des ans. Selon Environnement Canada, on est passé d’environ 6000 couples en 2005 à 15 000 couples en 2018. Pour ce qui est de l’est de l’Amérique du Nord, on compte près de 1,4 million d’individus. Un couple de bernaches a, en moyenne, six rejetons par année. Le phénomène va donc s’amplifier…