Bonne Saint-Jean

Dans l’Antiquité

Dans l’Antiquité, les Celtes et les Romains allumaient des feux de joie le soir du 24 juin pour fêter le jour le plus long de l’année (le solstice d’été). Au Ve siècle, l’Église transforma cette fête « païenne » en fête chrétienne donnant ainsi naissance aux «feux de la Saint-Jean».

Fête et feux

La fête de la Saint-Jean, traditionnellement accompagnée de grands feux de joie (Ignes jucunditatis en latin) ou Nied Fyr («Feux de Joie» dans le dialecte des Francs) ou encore feux de la Saint-Jean dans la tradition chrétienne, est la fête de Jean le Baptiste. En effet, pour les Églises catholiques et orthodoxes, la fête du 24 juin, six mois avant Noël, célèbre la Nativité de Jean Baptiste (ou Jean le Baptiste), cousin de Jésus Christ.

Fête pastorale et agricole

En Europe, la fête préchrétienne est une fête pastorale et agricole, mais également une fête de l’union conjugale. La signification du feu rituel est celle d’un feu terrestre homologue du feu céleste du soleil. La finalité du rituel aurait changé dans les temps pré et proto-historiques : initialement, destiné à soutenir le soleil à son apogée, mais à la veille de son déclin, ses fonctions prophylactiques et fécondantes auraient prévalu par la suite, quand le rituel s’est appliqué à l’agriculture et à l’élevage.

Les feux de la Saint-Jean-Baptiste, autour desquels on danse et par dessus lesquels on saute le 24 juin, sont une coutume païenne liée au solstice d’été. Le feu purificateur était censé éloigner les esprits mauvais et protéger les récoltes. Il s’accompagnait autrefois de sacrifices d’animaux (chats, renards), enfermés dans une cage ou un cercle de flammes. César mentionne déjà cet usage (BG VI, 16) pour stigmatiser aux yeux de ses lecteurs romains la barbarie gauloise.

Les feux de la Saint-Jean, repris par les chrétiens avec le nom de Saint-Jean (souvent avec une tolérance du clergé, mais sans qu’un représentant officiel de l’église catholique n’y prenne jamais part, hormis parfois, localement, pour bénir l’arbre de la Saint-Jean à la demande des habitants de la paroisse), auraient été copiés sur les rites datant d’avant la christianisation de bénédiction des moissons, des troupeaux et des habitations.

Fête nationale du Québec

Au Québec, il s’agit désormais de la Fête nationale du Québec. La fête a remplacé la fête religieuse traditionnelle de la Saint-Jean-Baptiste qui soulignait jadis le début de l’été et donnait lieu à des feux de joie sur les berges du Saint-Laurent. Dans les années 1960 et 1970 la Saint-Jean est devenue au Québec l’un des symboles de l’affirmation nationale québécoise, devenant le point de convergence des grands rassemblements politiques, sociaux et culturels ainsi qu’un événement très festif, rassembleur, médiatisé et extrêmement populaire, mobilisant les plus importants artistes et intellectuels de cette société francophone d’Amérique. Elle demeure à ce jour un des rendez-vous annuels majeurs de la collectivité québécoise. Elle fut officiellement renommée et décrétée «Fête nationale du Québec» par le gouvernement québécois en 1977, bien que la population la surnomme encore fréquemment «La Saint-Jean» de manière officieuse.

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