Au bord de LO – au gré des marées de mes pensées

Au bord de LO

Près de LO, sur le rivage, rage les vagues qui divaguent au gré de la marée qui se marre de nous voir à ses pieds. L’air qui espère, le vent qui se défend, le large qui s’engage. Le cargo escargot qui vogue vers une destination sans destinataire. Le soleil qui nous réveille fait scintiller la beauté. Marée montante, mouvante, latente, lente, aimante et amante nous emprisonne sur notre bout de rocher bientôt submergé. LO regarde l’eau, rêve d’un avenir sans maux, réfléchit sur sa vie, goûte le doute, s’étonne sur ce qui ne m’étonne. Le son des vagues qui frappent, s’échappent, retapent et repartent caressant le moment présent – plus qu’avant – plus que jamais maintenant. Je regarde cet homme qui, sans cesse, m’étonne et j’espère sans cesse de revivre sans presse. Juste l’instant du moment. Juste encore quelques temps, ces doux instants.
– ce texte a été écrit quelques semaines après son hospitalisation –
Nous étions à l’Ile d’Orléans, sur un bout de rocher, au pied des vagues du Saint-Laurent. Québec était en face, un cargo passait lentement. LO était plongé dans ses pensées et moi dans les miennes.