Une poésie bien romantique

18 ans et + / peut contenir de l’érotisme

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Une poésie bien romantique

 

« J’allais par des chemins perfides,

Douloureusement incertain.

Vos chères mains furent mes guides. »

Ainsi débutait le poème de Paul Verlaine. Poésie romantique qui laissait deviner une suite bienheureuse.

« Si pâle à l’horizon lointain

Luisait un faible espoir d’aurore;

Votre regard fut le matin. »

C’est en lisant ces quelques vers qu’une idée de poésie me vint. Verlaine, sans le savoir, venait de me donner les premières mesures d’une symphonie, aussi puissante que la 9e de Beethoven.

La symphonie no9 en ré mineur, opus 125, de Ludwig van Beethoven, symphonie en quatre mouvements pour grand orchestre, me faisait déjà pétiller de joie. Je m’imaginai composer une poésie romantique à la hauteur de l’une des plus grandes symphonies et musique de tous les temps. Un hymne à la joie poétique, voilà ce qu’il fallait composer. Verlaine m’avait donné l’idée d’écrire une composition avec style, fougue et sensualité. « J’allais par des chemins perfides, douloureusement incertain, vos chères mains furent mes guides »… Mes mains devaient être guidées par celles d’une amante. Une splendide révélation dans « l’horizon lointain » de Verlaine. « Votre regard fut le matin », était l’essence de cette poésie qui devait parler de mains, de regard et d’un faible espoir d’aurore. Il fallait des éléments puisés au cœur du Romantisme.

Les éléments puisés au cœur du Romantisme étaient au centre de l’histoire. Il fallait en trouver pour cette poésie romantique à la hauteur de la symphonie no 9 de Beethoven. L’hymne à la joie poétique devait être composé comme Verlaine l’aurait fait avec son style, sa fougue et sa sensualité. « J’allais par des chemins perfides, douloureusement incertain, vos chères mains furent mes guides… ». Les mains qui écriraient cette poésie romantique devaient être guidées par celles d’une amante dont le regard saurait faire battre le cœur du poète. « Votre regard fut le matin »… Son regard devait être doux et agréable, ses mains devaient être douces et caressantes. L’espoir devait aussi faire partie de cette poésie merveilleuse. Tout en puisant dans le Romantisme, d’autres mots venaient: horizon lointain, espoir d’aurore, etc. Il fallait une symphonie en quatre mouvements pour grand orchestre !

Cette symphonie en quatre mouvements pour grand orchestre allait accompagner cet hymne à la joie poétique. Elle devait être à la hauteur de la Neuvième de Beethoven et de ses chœurs si vibrants. Il fallait trouver des éléments pour lui rendre sa fougue, comme Verlaine l’aurait fait avec son style et sa sensualité. « J’allais par des chemins perfides, douloureusement incertain, vos chères mains furent mes guides… ». Commençons par là. Les mains d’une amante saisissant la plume du poète devait, par son regard doux et agréable, et par ses mains douces et caressantes, donner envie au poète d’écrire cette poésie merveilleuse. Le Romantisme était au centre de l’histoire. « Votre regard fut le matin ». Un regard doux comme le petit matin de deux amants qui se réveillent l’un après l’autre. L’horizon lointain, espoir d’aurore, etc. Il fallait les utiliser pour rendre romantique cette poésie en quatre mouvements.

« Les mains d’une amante saisissant la plume du poète » était un bon début de poésie romantique. « Un regard doux comme le petit matin de deux amants » était un passage qui avait du style. « J’allais par des chemins perfides, douloureusement incertains, vos chères mains furent mes guides… » était, sans nul doute, un passage obligé vers la sensualité de Verlaine et de son style. Il fallait trouver des éléments pour lui rendre sa fougue, à la manière du poète romantique. La poésie devait être à la hauteur de la Neuvième de Beethoven et de ses chœurs si vibrants. « Dans l’horizon lointain se dessinait un espoir d’aurore à naître » n’était pas mal. Il fallait une poésie en quatre mouvements pour que cet hymne à la joie soit joué. Nulle plume n’était plus vierge que cette page blanche sur laquelle il étala son encre créateur avec des mots doux. Nulle heure n’était la meilleure que la solitude de minuit, où tout est permis. Il traça d’abord le titre: Je vous aime.

Après avoir écrit le titre « Je vous aime », le poète romantique traça:

Les mains d’une amante saisissant la plume du poète-auteur,

S’activaient à rendre cet homme fou de bonheur.

Un regard doux comme le petit matin de deux amants,

Contribuait à lui faire oublier tous ses tourments.

Allant par des chemins perfides, douloureusement incertains,

Ses chères mains furent ses guides du jour au lendemain.

Dans l’horizon lointain se dessinait un espoir d’aurore à naître,

C’est ainsi qu’il devint un tout nouvel être.

Le bon début de poésie romantique était écrit, le passage avec du style aussi. Le passage obligé vers la sensualité de Verlaine et de son style avait été respecté. La fougue à peine voilée devait être à la hauteur de la Neuvième symphonie de Beethoven et de ses chœurs. Il fallait donc quatre mouvements pour que cet hymne à la joie puisse être joué. Il était minuit et tout était permis.

En ce matin brumeux, le cœur du poète plein de soleil et de joie tape fort, très fort, dans sa poitrine au souvenir de cette merveilleuse nuit. Il ressent encore sur son corps les bienfaits de la main soyeuse de son aimée. Il se surprend les mains légèrement ouvertes comme pour caresser à nouveau, tout doucement, ce corps qu’il a découvert timidement. Ça bouillonne dans sa tête, symphonie, poésie et délicieux souvenirs se mêlent à des doutes, des peurs. Des angoisses apparaissent furtivement au milieu de ce bonheur, puis disparaissent comme elles sont venues. Ce premier pas qu’il ne croyait jamais pouvoir faire a été fait, il n’en revient toujours pas. Il y repense avec plaisir, a-t-il été à la hauteur ? Il faut qu’il apprenne à chasser ses doutes comme il faut qu’il apprenne à vivre, tout simplement vivre, profiter du moment présent, et pourquoi pas avec Amour. Oui c’est cela qu’il faut qu’il fasse « vivre avec Amour », penser à eux deux, simplement. Avancer ! Avancer même à tâtons, mais avancer tout de même vers le bonheur pour construire ensemble un avenir. Sa décision est prise, vive l’Amour, rien ne doit être plus beau dans la vie. Il aime, c’est beau, c’est pur. Ce soir, il reprendra sa plume pour de nouvelles aventures.

« C’est comme si on rêvait », dit-elle en posant sur la table sa tasse de chocolat chaud. Et le poète la croit, comme d’habitude, parce qu’ensemble ils deviennent vraiment tantôt plus légers, tantôt plus lents, pareils aux goélands en vol. Ils courent vers le prochain ciel, le long des escaliers transparents, et leurs yeux brillants découvrent un monde à peine inventé. Leurs regards font fondre les murs, tous les murs, toutes les voiles, apaisant les vieux chagrins, cascades de tristesse liquide. « C’est comme si on rêvait », dit-elle, avec un petit sourire. Ils courent vers un autre ciel, main dans la main. L’escalier transparent a pris fin depuis longtemps. Ils ont distancé même les mots, l’échafaudage du futur est loin derrière. Peut-être qu’au fond, ils ne sont plus que l’essentiel Amour.

Ils sont Amour, ils sont heureux. Heureux de parcourir ce ciel, main dans la main, légers comme de majestueux oiseaux et libres de leurs chagrins, libres de toute attache au passé. Ils courent de ciel en ciel, croisant parfois d’autres escaliers transparents et découvrant d’autres mondes, d’autres paysages au gré de leur imagination. « C’est comme si on rêvait » dit-elle encore. Et le poète lui répond tendrement « C’est bien réelle ma douce. Nous sommes ici, ensemble, dans ce merveilleux monde de poésie ». Leurs regards se fondent l’un dans l’autre et sans avoir à parler, tous deux savent que la route devant leur réserve de magnifiques scénarios.

C’est alors qu’un léger grondement se fit entendre derrière eux, se transformant en un vacarme métallique assourdissant. Le cœur du poète, qui avait déjà remarqué un nuage noir derrière eux et n’y avait dans un premier temps pas prêté attention, bondit et l’homme se retourna brusquement. Le spectacle qu’il vit lui glaça le sang : une horde de chevaliers montant une escadre de dragons en furie les poursuivait. Une seule chose comptait pour lui : épargner la vie de sa belle, quitte à perdre la sienne. De son corps, il fit un rempart protecteur et dit à sa douce « ne t’inquiète pas, il ne s’agit que d’une vision ». Il n’en croyait pas un mot. Elle sourit tandis que l’homme s’avançait courageusement au devant de la horde qui, sur le signe impérieux de leur chef s’arrêta. Ce dernier s’adressa au poète « Qui es-tu ? » Le poète répondit « je suis celui qui vit de rêves, qui invente des mondes merveilleux qu’on appelle poésie ». Après une courte réflexion, le chef se retourna vers ses hommes et dit « Cet homme a probablement des pouvoirs magiques et peut nous transformer en un instant en une horde de rats affamés. Nous avons eu de la chance de ne pas aller plus loin, rebroussons chemin ! ». La horde s’éloigna. Le poète, dont le cœur battait à tout rompre, mais à ce moment là, pas d’amour, se retourna vers son aimée qui lui souriait les yeux écarquillés d’admiration et de bonheur. Ils repartirent découvrir de nouveaux mondes merveilleux au travers de nuées roses dont les parfums enchantaient leurs sens. Cependant, il n’avait pas échappé au poète que le nuage noir n’avait pas disparu.

Après la venue de cette horde de chevaliers montés sur des dragons en furie, après son acte de bravoure, le poète, vivant de rêve et inventant des mondes merveilleux, put enfin respirer. Le chef qui avait dit à ses hommes que le poète avait probablement des pouvoirs magiques et pouvait les transformer en une horde de rats affamés avait, sans le vouloir, donné des ailes à notre poète rêveur. Le cœur battant la chamade, l’auteur reprit sa plume pour coucher sur papier les derniers événements avant de les oublier. Peu lui importait d’utilisation des mots, même s’il racontait la vérité, personne ne le croirait, alors il choisit la métaphore pour raconter tout ce qu’il avait vécu avec sa bien-aimée qui avait toujours les yeux écarquillés d’admiration et de bonheur quand elle le regardait. La horde de chevaliers montés sur des dragons en furie avaient disparu dans de nuées roses et parfumées. Seul un nuage noir était resté, mais il n’y prêta pas attention. L’amour allait chasser cette noirceur pour laisser place à une aurore merveilleuse.

Le poète rêveur, après toutes ses péripéties incroyables, coucha sur papier ses métaphores. Sa belle aux yeux écarquillés le regarda écrire. Entre le poème et le conte fabuleux, il raconta comment cette horde de chevaliers montés sur des dragons en furie étaient arrivés dans sa vie. L’auteur, ne voulant rien omettre, utilisait les mots avec magie. Personne ne le croirait mais peu lui importait. Il savait que c’était vrai, sa belle en était témoin. L’admiration se lisait dans le regard de sa douce pendant que le nuage noir passa au-dessus de leurs têtes. L’aurore merveilleuse se dessinait et l’auteur ne vit pas les heures passer. Sa poésie prit forme. Les mots se bousculaient en lui. Il continua d’écrire, d’écrire et d’écrire.

Il termina sa poésie en fin d’après-midi. Le poète rêveur avait couché sur papier tout ce qu’il avait vécu. La horde de chevaliers montés sur des dragons en furie était le sujet principal de ses métaphores. Sa belle aux yeux écarquillés s’était endormie en l’attendant. L’auteur ne voulant rien omettre de ses péripéties incroyables avait oublié sa douce. Les heures avaient passé et l’aurore merveilleuse s’était depuis longtemps levée. La poésie qui avait pris vie racontait, entre le poème et le conte fabuleux, tout ce qu’il avait vécu. Il réveilla sa bien-aimée pour lui dire qu’il avait terminé sa poésie et qu’il avait maintenant le temps de s’occuper d’elle. La belle arbora un sourire paisible. Enfin, l’auteur avait laissé sa plume pour s’occuper d’elle !

L’auteur qui avait laissé sa plume s’occupa enfin de sa bien-aimée. Il avait terminé sa poésie en fin d’après-midi et le poète rêveur avait délaissé ses songes métaphoriques pour la vie réelle dans laquelle son amour l’attendait. Notre héros laissa son envie guider ses gestes et ses pas et ils s’enfermèrent dans leur chambre à coucher pour vivre d’autres péripéties aussi intéressantes que celles qu’il venait de décrire dans son poème-conte-fabuleux. La belle aux yeux écarquillés ne cessait d’en redemander. Une fois, deux fois, trois fois… Ils étaient loin de cette symphonie de Beethoven, quoique l’hymne à la joie sonnait différemment entre le couinement du matelas et le tambourinement du pied de lit en bois sur le mur. Toc-Toc-Toc sur le mur, rien de très discret pour les amants qui n’entendaient que le battement de leurs cœurs.

L’auteur avait depuis longtemps terminé sa poésie et avait délaissé sa plume pour un autre instrument. Il avait délaissé ses songes pour croquer dans la vie réelle. La poésie était toutefois restée. L’amour et l’envie avaient guidé ses pas et ses gestes. Les amants avaient fait couiner le lit, une fois, deux fois, trois fois. Toc-toc-toc sur le mur. L’hymne à la joie était différent de celui de Beethoven mais tout aussi fort sur le moment. Les péripéties de notre héros n’avaient rien de discrètes pour les voisins de l’autre côté de la cloison. Quelle ne fut pas leur surprise lorsque, après leur symphonie, ils entendirent les voisins faire de même. L’amour était-il si contagieux ? L’amusement se lisait sur le visage des amants baignés de sueur. Le poète-amant avait bien manœuvré. Il y avait matière à écrire une nouvelle poésie d’amour. Sa muse venait de lui fournir de nouvelles idées.

Poésie terminée, plume délaissée, songes évaporés. L’auteur avait troqué son univers poétique pour un univers beaucoup plus acrobatique. La poésie était restée mais sous une autre forme, beaucoup plus inspirante pour celle qui partageait sa vie. L’amour et l’envie avaient trouvé une résonnance dans les couinements du vieux lit fatigué et par le toc-toc-toc au mur, jusqu’à une séance de trois fois par jour. Leur hymne à la joie, tout à fait différent de celui de Beethoven, avait provoqué un remue-ménage chez leurs voisins qui s’étaient mis à tambouriner de leur côté, pas plus discrètement que des amants sauvages. L’amour était contagieux et ils s’en amusaient. Les amants baignés de sueur, épuisés de leur répétitive ardeur avaient fini par s’assoupir dans les bras l’un de l’autre. L’amant-poète-acrobate-aux-trois-coups-par-jour venait de trouver de la matière à une nouvelle poésie d’amour. Sa muse qui s’amusait tant avec lui, lui avait fourni de quoi écrire pour les jours à venir. Douce romance aux accents fantasmagoriques d’un songe éveillé, telle serait sa nouvelle série de poésies.

La plume à la main, le poète ne trace pas des bâtonnets sur le papier pour compter tous les « toc-toc-toc » dans le pauvre mur. Non la plume courre sur le papier. L’encre en un harmonieux serpentin sur le vélin, narre ses nuits folles avec sa bien aimée. Les sensations ressenties, les frissons qui ont parcouru sa colonne (vertébrale bien entendu). Des mots reviennent sans cesse, amour, caresses, partage, acrobaties, muse et bien d’autres très agréables, hors de toutes pollutions. Quelques pages plus tard, il est temps de penser à la journée à venir. Avant de partir et de partager un dernier baiser matinal avec sa bien aimée, il va lui préparer un excellent café italien. Est-ce l’épuisement ou est-il perdu dans ses pensées, la tasse lui échappe des mains, vite un peu de ménage et tout est en ordre. Il se sent pris dans l’étau de ses bras, elle est venue par derrière lui, il veut se retourner et glisse sur le sol encore humide. Chute à deux, sans bobo. Le peignoir de la jeune femme s’est ouvert et le nez du poète se trouve juste sur le pubis de sa bien aimée.

Le nez du poète, sans bobo, ne peut pas s’empêcher de batifoler sur le pubis de sa bien-aimée. Ma foi, ce nez de poète se prend pour un papillon ivre ! Amour, caresses, extase (purement esthétique, qu’on se le dise), elle l’a encore eu, la petite orchidée au goût d’café. Brûlant baiser matinal, rien de tel pour bien commencer une journée. Le poète décline le bonheur à tous les cas, au cas où le temps venait à manquer. Il explique à sa douce l’ablatif et le diminutif, le comment et le pourquoi, mais elle, décidément, ne comprend rien,  elle lui demande de répéter, alors il s’y plie, encore et encore. Brûlant baiser matinal. Il est huit heures. Tant pis, l’éditeur attendra. Le poète fait ses devoirs conjugaux.

En retard chez son éditeur, mais oh combien heureux, le poète ne regrette pas d’avoir plié aux demandes insatiables de sa douce. Ses joues s’enflamment à la pensée du brûlant baiser matinal et de son nez de poète, sans bobo, papillonnant dans le jardin secret de sa petite orchidée au goût de café. Il voit enfin son éditeur-un-peu-bougon de son retard mais n’essaie pas de se justifier d’un comment ou d’un pourquoi. Comment expliquer l’amour, les caresses, l’extase que sa bien-aimée redemande encore et encore? Il désire finir sa journée de travail au plus vite pour revenir dans son nid d’amour, près de sa douce qui, il en est certain, l’attendra avec l’espoir d’une soirée à l’image de cette matinée magique qui a commencée avec ce brûlant baiser. Encore une fois, le poète ne pourra décliner et se pliera encore et encore aux propositions osées de sa belle fleur…

En revanche, les exigences de l’éditeur lui semblent ô combien moins intéressantes et si peu réalisables. « Ce poème est trop long, celui-ci trop court ». « Je crains que les lecteurs ne soient désemparés en lisant ce poème sur les dinosaures ». Pendant tout l’entretien, le poète se dit « cet homme est bien austère, il n’a pas la chance de connaître l’amour ». Il ne pouvait s’empêcher de mettre en perspective le front plissé de l’éditeur avec les cuisses lisses de son amie… Ces pensées excitaient ses sens tandis que s’égrenaient les mots fastidieux du professionnel de l’édition. A plusieurs reprises, il faillit couper court à la réunion pour retrouver au plus vite sa belle, mais se retint, pensant qu’elle lui en voudrait. Après tout, elle croyait peut-être en sa destinée de poète illustre. Et sans cesse, son imagination repartait vers sa bien aimée, il vivait déjà en pensée ses retrouvailles, et pendant le monotone monologue de son interlocuteur qui se raclait la gorge, toussait ou grattait la verrue qu’il avait sur le nez de ses doigts gourds, il imaginait la tenue dans laquelle il la retrouverait, serait-ce une petite robe ample ? Une longue jupe laissant deviner ses jambes fuselées et soulignant la cambrure audacieuse et enivrante de ses reins ? Une simple chemise de nuit qui bruisserait légèrement lorsqu’il l’enlèverait délicatement, découvrant une peau qu’il baiserait goulument, tout en tentant de canaliser son tempérament si prompt à s’échauffer… Soudain, entendant un grognement, il comprit que l’éditeur attendait une réponse à une question qui lui avait échappé… Vite vite, il fallait réagir… Sottement, il répondit « OUI », l’homme nota fébrilement cette réponse à l’encre noire dans un cahier à l’allure rébarbative et pendant toute la fin de l’entretien, le poète se demanda quelle avait été la question de l’éditeur…

« Euh… » fit l’auteur en rougissant à la fin de l’entretien. « Quelle était la question, déjà ? » L’éditeur le regarda avec son front de Sharpei nano. « Vous vous sentez bien ? » Lui demanda l’éditeur en guise de réponse. « Cet entretien m’a perturbé dans mes pensées, à vrai dire. Je pensais à tout le labeur qui m’attendait à la maison ! ». L’éditeur soupira d’ennui. « Je vous demandais, lorsque ce recueil de poésies serait terminé, si vous accepteriez de céder vos droits d’auteur pour une adaptation au cinéma… dans un film classé 18 ans et plus ». L’auteur enregistra la chose avec un sourire en coin. « Et j’ai dit oui, évidemment ? ». « Evidemment ! », confirma l’éditeur. L’auteur réfléchit à cette opportunité inespérée. « Il faudra que les poèmes soient torrides, alors ! » conclut-il avant de sortir de son entretien professionnel avec de nouvelles idées en tête. Il salivait déjà à la pensée de retrouver sa bien-aimée. Peut-être l’attendait-elle déjà au lit, vêtue légèrement ou peut-être vêtue d’une robe qu’il lui faudrait faire glisser sur les cuisses toutes lisses au fuselage « supersonnetique ». Il se remémora le début du poème et les sonnets qui lui avaient inspiré cette poésie bien romantique. Beaucoup d’encre coulerait ce soir… au lit, bien entendu !

*

Ce cadavre exquis a été écrit par HC, Damien, Barbara Béatrice Rose, Catherine, Yeiazel, Elijah, Bernard, Khim, Brigitte et Sousceyrac. Chaque paragraphe représente un auteur différent. Le début, le milieu et la fin ont été écrits par HC pour débuter, recentrer et boucler l’histoire pour en faire quelque chose de plus cohérent.

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