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Le Tao est le principe qui équilibre, régule et régit chaque chose dans l’univers. Suivre les prescriptions du Tao c’est connaître la liberté et la vie éternelle au sein du mouvement naturel du grand Tout. Le Tao-Te-Kin de Lao-Tseu dit que ce principe primordial est une Matrice, « La Mère sous le Ciel ».
« Il y avait quelque chose dans un état de fusion avant la formation du Ciel et de la Terre. Tranquille ! Ineffable ! Elle existe seule et ne change pas ; elle circule et ne se lasse pas. On peut la considérer comme la Mère de Tout-le-Ciel, mais j’ignore son nom, je l’appellerai Tao et, s’il faut lui donner un nom, ce sera Grand ! … l’Esprit de la Vallée ne meurt pas. C’est la femelle mystérieuse, c’est la racine du Ciel et de la Terre… Le Tao donna naissance à l’Un. L’Un donna naissance aux deux. Les Deux donnèrent naissance aux Dix mille Etres… Le retour à la Mère des Dix mille Etres est le mouvement du Tao… Là sont la beauté et la joie suprême. S’ébattre dans ce ravissement est le lot du surhomme »
La référence au mélange des énergies mâle et femelle dans le rapport sexuel n’apparaît dans des ouvrages écrits qu’aux débuts de l’ère chrétienne alors que la chine est taoïste depuis 1500 ans. La philosophie taoïste voit le monde comme un équilibre dont l’harmonie se manifeste à tous les niveaux. Tout élément de la création est composé dans une certaine proportion d’énergie yang ou d’énergie yin. Le yang représente surtout les qualités que l’on attribue au masculin alors que le yin se rapporte aux qualités féminines. Le corps vivant est donc parcouru d’un réseau complexe de canaux subtils yin ou yang dont la dysharmonie et le déséquilibre ouvre la porte à la maladie.
Les taoïstes pensent que la vie éternelle est possible et résulte du parfait équilibre des énergies dans le corps. Cependant, les Chinois se montrent réalistes et ne recherchent, a vrai dire qu’une longévité importante au moyen de techniques médicales et spirituelles. Ils font le constat que lorsqu’un couple fait l’amour, l’homme se sent plus fatigué que la femme et par conséquent s’endort. Si le sperme donne la vie et que l’éjaculation fatigue l’homme, il en découle que le sperme est un fluide vital, une essence subtile dont la conservation et l’économie sont des garanties de longue vie.
Toutes les pratiques sexuelles, y compris la sodomie – cette dernière pratique étant ignorée par le tantrisme indien – sont censées améliorer la longévité, mais cela doit suivre des règles contraignantes. Pour que l’union sexuelle renforce la vitalité de l’homme, il est évident que le mâle, tout en contrôlant son émission de sperme, doit satisfaire sexuellement sa femme qui a, dans la chine taoïste, un statut très respecté et où son plaisir n’est pas dénié.
La recherche de l’orgasme féminin a pour corollaire d’augmenter les sécrétions vaginales, donc la manifestation physiologique d’une inépuisable énergie. Un coït long et satisfaisant permet à l’homme de profiter du contact intime prolongé avec les sécrétions féminines porteuses du principe yin. L’homme, non seulement ne perd pas son énergie vitale mais peut absorber l’énergie que sa partenaire lui dispense largement. L’économie énergétique du rapport sexuel n’est d’ailleurs pas à sens unique car la femme gagne aussi de la vitalité en voyant sa « nature dormante » être animée par le contact intime avec le yang.
« Quand le Yang a l’harmonie du Yin, tous ses problèmes sont résolus et, quand le Yin a l’harmonie du Yang, tous les obstacles disparaissent. Un Yin et un Yang doivent sans cesse se prêter une assistance mutuelle. De sorte que l’homme se sentira ferme et vigoureux. La femme sera alors prête à le recevoir en elle. Tous deux se trouveront ainsi en communion et ils se nourriront de leurs sécrétions mutuelles… »
Faire l’amour dans de telles conditions revient à prolonger sa vie et sa santé. Il est bien évident que l’obtention du plaisir pour l’homme n’est pas ainsi chose facile tant sont intriqués l’éjaculation et l’orgasme masculin. L’expérience nous montre qu’il s’agit là d’un travail de longue haleine qui avait l’avantage de permettre un contrôle des naissances, tout en autorisant les contacts sexuels.
Dans ses manifestations extrêmes, cette conception de la sexualité et ces pratiques sans éjaculation systématique a permis de penser que le sperme remonté dans la tête avec un mélange d’énergie yin et yang et qu’il se produisait ainsi une fécondation mystique de l’homme. Le pratiquant accompli du Taoïsme redevient comme un nourrisson encore dans les nimbes du chaos maternel primordial dont l’énergie vitale est inaltérée.
« Et pourtant ses os sont faibles, et ses muscles sont mous, mais il serre fortement. Il ne sait rien de l’union sexuelle, mais sa verge se redresse. Il crie toute la journée et ne s’enroue pas. Cela vient du fait que son essence séminale est parfaitement intacte »
Afin de réaliser le Tao en lui, l’adepte désire se nourrir de l’énergie de la femme – mère et amante. Les « Libations des Trois Pics » (les lèvres, les seins, la vulve) issues de la femme sont les précieux nectars de longue Vie.
« Le plus élevé des Trois Pics, s’appelle le Pic du Lotus Rouge. Son fluide, la Source de Jade, jaillit de deux orifices situés sous la langue de la femme. Quand l’homme le caresse de sa langue, le liquide coule en abondance. Il est transparent et hautement bénéfique pour l’homme. Viennent ensuite les Pics Jumeaux. Leur fluide, la Blanche Neige, jaillit des seins de la femme. Il est de couleur blanche et de goût sucré. Bénéfique à l’homme, il profite aussi à la femme. Il améliore chez elle la circulation du sang et règles les menstrues. Il détend le corps et son âme, elle y trouve le bonheur et la volupté. Les fluides de la Pièce d’Eau Fleurie (la bouche) et de la Porte Obscure (la vulve) en seront plus abondants. Des trois libations, celle-ci est de beaucoup la meilleure. Si la femme n’a jamais encore porté d’enfant et n’a pas de lait, l’effet sera encore plus bénéfique.
Plus bas se nomme le Pic de l’Agaric Pourpre ou la Grotte du Tigre Blanc ou la Porte Obscure. Son fluide, la Fleur de Lune, est soigneusement gardé dans le Palais du Yin (l’utérus). Il est très lubrifiant. Mais la porte du Palais du Yin est presque toujours close. Elle ne s’ouvre que lorsque la femme éprouve le plaisir orgastique qui met la rougeur sur ses joues et adoucit sa voix jusqu’au murmure. Alors le fluide s’épanche librement. L’homme doit retirer son Pic de Jade de deux centimètres et demi mais poursuivre ses coups en même temps qu’il baise sa bouche et suce ses seins »