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La Chine, comme l’Egypte – permettent d’appréhender sur le long terme, l’évolution de la morale sexuelle et des pratiques qui s’y rattachent. Si l’on considère que le plus ou moins grand libéralisme en cette matière donne de précieuses indications sur le statut de la femme, on comprendra que l’Empire du Milieu tienne ici une place de choix. L’histoire de la morale sexuelle en Chine montre une grande labilité en alternant des périodes de liberté et de raidissement modifiant dans le sens de la rigueur, une liberté par ailleurs, remarquable. Ce climat de liberté sexuelle va, par ses propres excès, facilité le rétablissement de l’ordre moral avec le Confucianisme comme philosophie.
L’avènement du Confucianisme au IVe siècle avant J.C qui rétablissant le culte de la famille et la piété filiale qui mit un premier coup d’arrêt à cette grande liberté des mœurs.
Confucius est né vers 551 avant J-C et sa vie reste mal connue. La tradition en fait un haut fonctionnaire du royaume féodal de Lu. Exilé, il dut mener une vie errante jusqu’au jour où, dans sa vieillesse, il put regagner sa patrie. Il ne voulut pas créer une nouvelle doctrine, mais seulement maintenir une vieille tradition de sagesse. Il réunit et publia des œuvres de la littérature classique chinoise et en tira une morale stricte, selon laquelle l’individu a pour devoir de s’adapter à l’ordre universel en remplissant toutes ses obligations, dont les principales sont le culte des ancêtres, la fidélité et l’obéissance aux supérieurs et le respect des anciennes coutumes. Il s’intéressa peu aux problèmes religieux, demandant seulement que l’on suivît les rites traditionnels. Il était intimement associé aux structures de l’Ancien Empire.
L’apparition du Confucianisme est une réponse à la dépravation des mœurs de la société chinoise. Cette philosophie porte en elle l’idée qu’il faut donner une nouvelle vigueur au système familial patriarcal qui fonde lui-même la force et la stabilité de l’Etat. Bien entendu, ses changements se firent au détriment des femmes, de leur statut et de leur liberté.
A partir de la fin de l’époque Song (960 1279) apparaissent, dans les livres concernant l’Art de la chambre à coucher, divers tabous sexuels généralement limités à l’inceste, à la pédophilie et à la zoophilie. Le lesbianisme est traité sans rigorisme puisque le Yin peut être dépensé sans trop de risque. De même pour la plupart de ces ouvrages, l’homosexualité masculine n’est pas décriée pour la simple raison que la perte de yang entre deux partenaires masculins demeure minime.
Quelques ouvrages, plus rares, traitent de perversions sexuelles comme le masochisme et le sadisme en se gardant bien, par ailleurs, d’apporter une considération morale et en se bornant à relater les dangers encourus lorsque les choses vont trop loin. Une fois, encore, on peut constater la grande liberté de propos de ces encyclopédies médicales qui, il est vrai, étaient destinés aux classes favorisées. De leur coté, les paysans disposaient d’un almanach illustré, édité sous la responsabilité de l’empereur, qui ne manquait pas de promulguer divers conseils souvent très crus.
Au XIVe siècle sous la dynastie des Ming, un régime autoritaire rétablit les principes confucéens tombés en désuétude. Les invasions mandchoues au XVIIe siècle furent aussi un temps marquant du retour «aux bonnes mœurs» et à la pudibonderie qui caractérisa dès lors la société chinoise. Au XXe siècle, le communisme maoïste a repris à son compte cette sévérité. Des tentatives de rétablissements des anciennes mœurs taoïstes furent noyées dans le sang et jugulées par des peines de mort ou de bagne.
publié originellement le 1 sept 2009 sur mon blog privé