
Peggys Cove (population: environ 30 résidents permanents en 2023), aussi connu comme Peggy’s Cove de 1961 à 1976, est une petite communauté rurale sur la côte Est de la baie de St. Margarets en Nouvelle-Écosse. Elle fait partie de la municipalité régionale de Halifax. C’est une destination touristique importante pour ses panoramas maritimes, ses immenses rochers et son célèbre phare. C’est également au large de Peggys Cove que s’est écrasé le vol Swissair 111 le 2 septembre 1998 et un monument commémoratif a été érigé à la mémoire des victimes de cette tragédie non loin du village.
Histoire
La communauté porte le même nom que l’anse (cove en anglais) où elle se trouve. Peggy est un diminutif de Margaret en anglais. Le nom peut venir du nom de la baie de St. Margarets, ou, selon certains, d’une pionnière du village, ou même, selon d’autres, d’une survivante d’un naufrage.
Le village fut fondé en 1811 quand la province de Nouvelle-Écosse donna 800 acres de terre à six familles d’origine allemande. Ces gens étaient des pêcheurs mais cultivaient pour suppléer à leurs besoins. Ils utilisèrent les alentours de Peggys Cove pour faire paître leurs vaches. Au début du XIXe siècle, la population atteint son maximum avec 300 habitants, une école, une église, un magasin général, une usine de conservation du homard et des bateaux de différentes tailles.
Plusieurs artistes et photographes découvrirent Peggys Cove et la rendirent célèbre. Bien qu’aujourd’hui la population soit peu importante, elle demeure toutefois toujours active dans la pêche au homard. Mais le tourisme constitue cependant leur principale source de revenus.
Le sculpteur et peintre William E. De Garthe a passé ses printemps et étés à Peggys Cove durant de nombreuses années à peindre des scènes des gens et panorama du coin. Une galerie consacrée à ses œuvres est ouverte du 1er mai au 31 octobre chaque année. À l’extérieur, on peut admirer un rocher de granite sculpté par De Garthe Outside et qui a pour titre : « Un monument à la mémoire du pêcheur néo-écossais ». On y voit 32 pêcheurs, leurs épouses et enfants enveloppés par les ailes d’un ange gardien. Le parc provincial William E. De Garthe se trouve également dans le village. C’est un endroit pour faire des pique-niques.

Géologie
Peggys Cove est 43 kilomètres au sud-ouest du centre-ville d’Halifax et est l’un des nombreux villages de pêche de la région de la péninsule de Chebucto. On y retrouve une côte très rocheuse dont les gros rochers de granite sont arrondis par l’océan Atlantique.
Il y a plus de 400 millions d’années, durant le Dévonien, le mouvement des plaques tectoniques permit à du magma de remonter en surface. Celui-ci forma les roches que l’on voit à Peggys Cove et qui forment le batholite de la province rocheuse de Grande Nouvelle-Écosse. Par la suite, le paysage fut sculpté par les glaciers et l’érosion des vagues.
Il y a 20 000 ans, le front des glaciers descendit de l’Arctique canadien et atteignit la côte est. Par ses avancées et reculs, le glacier a creusé le sol et a mis à nu la roche-mère. À la fin de la période glaciaire, la fonte de ces masses énormes de glace fit monter le niveau de l’océan qui envahit ainsi la région maintenant creusée de baies, d’anses et de collines basses. Des roches erratiques de granite dévonien amenées par les glaciers depuis l’intérieur des terres se sont également déposées.
Les traces des glaciers, et ces granites, forment le panorama de Peggys Cove qui continue d’être façonné par la mer. Cet endroit a été déclaré site de conservation en 1962, par le Peggys Cove Commission Act, pour éviter tout développement pouvant nuire à sa beauté naturelle. Huit cents hectares, depuis Indian Harbour jusqu’à West Dover, font partie de ce site, incluant des zones rocailleuses, des tourbières, des étangs et une côte granitique.
Océan Atlantique
L’amplitude des marées de l’océan Atlantique à Peggys Cove varie de 1,5 à 2 mètres. Sa température est de 10 à 15 degrés Celsius en été et de 0,5 à 4,5 degré en hiver ce qui empêche une trop grande variation de température le long de la côte. Le plateau continental au large de Peggys Cove descend doucement ce qui aide à une grande diversité de la vie marine. Les eaux froides du courant du Labrador passent le long de la côte alors que le Gulf Stream réchauffe les eaux à plus de 200 km au large. La rencontre de ces deux courants amène dans le secteur des espèces tant arctiques que tropicales à la baie de St. Margarets. Ceci inclut le thon bleu, les dauphins à flancs blancs et à becs, une variété de pinnipèdes, la tortue luth et la baleine franche qui sont sur la liste des espèces en danger.