La voie du bandit

Taoïsme et Zen
Par Yeiazel

bambous

La Voie du bandit

Un apprenti voleur avait rejoint la bande du vieux Tche, un fameux brigand qui détroussait les riches depuis des décennies et faisait vivre plus de huit mille âmes. Un soir, au cours d’un banquet, la nouvelle recrue demanda au patriarche des truands quel était le secret de sa réussite. Le vieux Tche vida sa coupe, essuya sa barbe avec sa manche et répondit:
– Tout art véritable n’est-il pas une Voie qui mène au Tao ? Sache que la maîtrise de notre métier repose sur cinq vertus: l’inspiration, le courage, la bonté, la prudence et la justice.
– Mais, chef, répliqua le novice, ce n’est pourtant pas ce qu’on attend d’un bandit ?
-Tais-toi ignorant, et écoute quels sont les principes que doit cultiver un maître voleur qui veut atteindre un âge respectable. Deviner où se trouve un gros magot, voilà l’inspiration. Etre le premier à s’introduire dans les lieux, voilà le courage. Etre le dernier à se retirer pour couvrir ses hommes, voilà la bonté. Savoir estimer si le coup est trop risqué, voilà la prudence. Partager le butin équitablement, voilà la justice.