
Lettre à Elijah
Je ne suis pas douée avec les mots,
Le sens de la poésie me fait horriblement défaut.
On dit qu’il faut simplement s’exprimer,
Mais je n’ai jamais su y faire avec efficacité.
J’écris ce poème pour faire écho,
Incertaine des mouvements de mon stylo.
Je sais que tu es sensible à la poésie,
Puisqu’elle a été présente toute ta vie.
J’aimerais te dire que ça ira mieux,
Que le temps est un remède merveilleux,
Mais je ne peux rien promettre,
Car il y a trop de paramètres.
La joie se cultive dans un jardin secret,
Je comprends qu’il faut parfois se mettre à l’arrêt.
Faire une pause pour faire le point,
Pour se retrouver plus ou moins.
La vie se poursuit avec un vide,
Pour un temps tout est insipide.
Il y a néanmoins les amis,
Qui font toujours partie de ta vie.
Ils s’inquiètent tout naturellement pour toi,
Ils voudraient t’aider à recouvrer ta joie.
Tu leur manques terriblement,
Et plus encore aux enfants.
La pandémie n’aide pas au rapprochement,
C’est ce que je leur donne comme argument.
Je ne peux leur expliquer les circonstances,
Je préfère préserver leur insouciance.
Nous sommes tes frères et tes soeurs,
Tu es dans chacun de nos coeurs.
Nous sommes là pour toi,
J’aurais tant aimé le dire de vive-voix.