Ouaya

Hopital

Hôpital.
Hôpital pour enfants.
Troisième étage.
Il fait chaud, je transpire sous mon maquillage.
Je lis au creux de ma main « OUAYA 308 ».
Des enfants en pyjama chahutent dans le couloir.
Les petits m’entourent à petits cris, acceptent mes caramels puis reprennent leurs jeux.
Chambre 308, j’y suis, il fait de plus en plus chaud, je pousse la porte « bonzour, bonzour, bzour OUAYA.

Elle est là, assise en tailleur sur son lit.
Elle a un grand sourire, mais ses yeux noirs sont triste, tristes, tristes.
NON!….. NON!….. elle n’est pas assise en tailleur.
Elle…. elle n’a plus de jambes.
L’une sectionnée au niveau du genou, l’autre en haut de la cuisse.
J’ai chaud, je suis en nage, je suis mal.
Mon nez rouge tombe sur le sol, rebondit de manière tout à fait anarchique. Je fais des bonds de ci de là essayant de le récupèrer.
La petite rit aux éclats. Je m’assieds à……. ses mognons….. puisque je ne peux dire à ses pieds.
Ouaya toute joyeuses me questionne sans jamais me laisser le temps de répondre.
– Comment tu t’appelles?
– Tu es gentil?
– Tu as des enfants?
– Tu m’aimes?
– Il y a des mines dans ton jardin?
………
………
Les enfants du couloir, venus voir ce qui se passe se regroupent à l’entrée de la chambre, repartent en criant, courant dans le couloir.
La gamine les regarde, je la regarde, que se passe-t-il?…..
Ses traits se durcissent, elle ne rit plus….. grimace…… postillonne finit par « cracher ».
– Je ne suis pas comme eux, MOI.
Je veux lui dire « je sais », elle ne m’en laisse pas le temps, elle enchaine, criant :
– MOI, quand je serai grande je ne puerai jamais des pieds.
Elle se calme aussi vite qu’elle s’est enflammée, puis avec son regard triste, triste, triste, recommence sans me laisser répondre.
– Tu t’appelles comment?
– Tu es gentil?
– Tu as des enfants?
– Tu m’aimes?
………….
………….
Je n’en puis plus, la tête, les jambes, c’est trop, vite la sortie, de l’air.
Je fuis…..oui je fuis.