Dans une salle d’attente d’une urgence

Dans une salle d’attente d’une urgence

Salle désuète et exiguë.
D’une urgence à pas de tortue.
Toujours se remplit,
De différentes maladies.

« Urgence » écrit en gros
Le mensonge en un mot.
Un seul médecin impatient,
Pour un flot de patients.

Côté confort,
C’est pas fort !
Notre système de santé,
Fait vraiment pitié !

Toux et crachotement,
Microbes volants.
Masque bleu sur le menton,
Quelle belle protection.

Peu de sièges disponibles,
Ils ont fait leur possible.
Les murs blanc crasseux,
N’aident pas à aller mieux.

6, 8 heures d’attente,
Écoeurite aiguë latente.
Temps de perdu,
Bactéries en surplus.

Chaque heure passée,
Nous fait douter.
L’envie de partir,
Se fait sentir.

Je pense au premier ministre,
Je l’imagine dans cette salle sinistre.
Attendant son tour en maudissant,
Les heures d’inconfort croissant.

Je pense aux vieux,
Parmi les masques bleus.
Ne risquent-ils pas d’aller plus mal,
En sortant de l’hôpital ?

Pour tâter le pouls du système de santé,
Il faut perdre des heures à observer.
La confiance est vacillante,
Quand on regarde la crasse environnante.

S’il y avait quelqu’un de vraiment contagieux,
On a sûrement chopé ce qu’il y a de mieux.
L’attente est interminable,
Dans ces conditions abominables.

Il faut vraiment être à l’agonie,
Pour s’asseoir volontairement dans une telle salle remplie.
À côté, une dame de 94 ans et 11 mois attend depuis 9 heures ce matin…
C’est une image prémonitoire de notre funeste destin.

Je n’ose pas me lever,
De peur que mon siège me soit volé.
Il fait chaud,
Après deux heures, j’en ai déjà plein le dos.

Une réévaluation de la gravité,
Le quart de travail vient de changer.
Selon la classification,
Nous sommes toujours en bas des échelons.

Un nouveau médecin,
Avec de la chance, on en verra la fin.
L’attente tue,
Ceux qui n’ont pas la patience dans leurs vertus.

Un dimanche à l’urgence,
C’est vraiment pas de chance.
Une partie du personnel est en congé,
Les malades, eux, sont en nombre multiplié.

On se pose toujours la question,
Si ailleurs aurait été la meilleure solution.
Les coupures dans la santé,
C’est une aberration éhontée.

Le ministre de la santé,
Devrait revoir ses priorités.
Il est inadmissible de passer tant de temps,
A l’urgence de l’Hôpital Saint-Sacrement.

La salle se vide lentement,
On fait le triage des plus pressants.
La grippe H1N5 se multiplie,
Les bien-portants qui auront attendu l’auront aussi.

Les gens donnent l’ampleur des dégâts,
8, 10 heures d’attente ici et là.
Il n’y a pas de solution,
Trop peu de médecins en fonction.

L’attente se propage,
La discussuion s’engage.
Les téléphones sonnent,
Les nouvelles se positionnent.

Les noms lentement s’énoncent,
Les hauts-parleurs pioncent.
Les gens somnolent vaincus,
Ils n’en peuvent plus.

Une brève incursion,
Dans une seule direction.
Preuve d’un mirage,
J’étais dans une gare de triage.

La peur m’a prise,
Plus que la surprise.
J’ai rebroussé chemin,
En voyant ce parc de civières sans fin.

J’ai faim,
Je n’ai pas mangé depuis le matin.
Je vais sûrement tomber l’inanition
Avant qu’on annonce son nom.

La vilaine machine à café,
N’inspire que grande pitié.
La salle se remplit toujours,
Incessamment, nuits et jours.

Les chaises roulent,
Les pieds foulent.
Le plancher usé,
De cette salle surchauffée.

Les heures passent,
L’impatience trépasse.
Presque par dépit,
On attend sans vie.

Les sardines discutent,
L’instinct grégaire s’éxécute.
On entend des discussions stériles,
À rendre débiles.

L’esprit s’engourdit,
Après trois heures et demie.
Après une rapide estimation,
On se remet la gravité en question.

On n’a pas fait la moitié,
De l’attente originellement calculée.
On va y passer la nuit,
Puisqu’on est arrivé en après-midi.

Cafétéria fermée,
Il est déjà trop tard en soirée.
Bistrot ouvert,
Bouffe rapide sans verre.

Transport adapté,
Pour les personnes âgées.
Une heure d’attente pour le retour,
Attente encore et toujours.

Même avec beaucoup de patience,
Ça frise l’indécence.
Le système est en train de crever,
On ne pourra pas le sauver.

S’il y avait une boite à suggestion,
J’aurais utilisé mon crayon.
Je vais me contenter,
De cette poésie qui ne sera jamais publiée.

Peut-être qu’il n’y a rien à dire,
On ne peut que souffrir.
En silence…
De préférence.

Il ne faut pas se poser de question,
On n’est que des petits poissons.
Les gros sont au gouvernement,
Ce sont nos bien-pensants.